14 février 2014 / 06:50 / dans 4 ans

L'économie française retrouve enfin son niveau d'avant- crise

Après avoir stagné au troisième trimestre, l'économie française a enregistré une croissance de 0,3% au quatrième trimestre, dopée par la consommation des ménages et un rebond de l'investissement, selon l'Insee. Sur l'ensemble de 2013, l'économie française affiche une croissance moyenne de 0,3%, soit plus que celle de 0,1% prévue par le gouvernement. /Photo prise le 29 août 2013/REUTERS/Charles Platiau

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L‘économie française a enregistré une croissance de 0,3% au quatrième trimestre 2013, soit légèrement plus qu‘attendu, pour retrouver enfin son niveau d‘avant-crise il y a six ans à la faveur d‘un rebond de l‘investissement et d‘une consommation des ménages solide en fin d‘année.

Selon les premiers résultats des comptes nationaux publiés vendredi par l‘Insee, la croissance de la France en 2013 a atteint également 0,3% après avoir été nulle en 2012, alors que le gouvernement tablait sur 0,1%.

“Ceci signifie que l‘économie française est non seulement sortie de la récession mais aujourd‘hui a repris un rythme de croissance de 1% par an si on extrapole sur l‘année 2014”, a déclaré sur France 2 le ministre de l‘Economie Pierre Moscovici.

L‘Allemagne, première économie de la zone euro, a annoncé pour sa part une croissance de 0,4% sur le dernier trimestre et de 0,4% sur l‘ensemble de 2013.

L‘Insee a fait état dans le même temps d‘un solde de créations d‘emplois positif (+14.700) dans les secteurs marchands de l‘économie française au 4e trimestre et ce pour la première fois depuis début 2012, grâce à l‘intérim.

PROFIL HEURTÉ

Malgré ces chiffres, Pierre Moscovici a reconnu qu‘une croissance supérieure à 1% était nécessaire pour enrayer la hausse du chômage, le pari perdu du gouvernement fin 2013, et s‘est dit persuadé qu‘il était possible d‘y parvenir en 2014 si les entreprises retrouvent confiance avec le “pacte de responsabilité” que leur propose le gouvernement.

Les économistes attendaient en moyenne une hausse de 0,2% du PIB français au 4e trimestre, alors que l‘Insee tablait encore fin décembre sur une hausse de 0,4%.

L‘institut a d‘autre part revu en hausse vendredi de 0,1 point les chiffres du PIB des premier et troisième trimestres 2013, ce qui fait qu‘il n‘a été négatif sur aucune période. Mais le profil de la croissance sur l‘année à été heurté: 0,0%, puis +0,6%, 0,0% et enfin +0,3%.

Cette performance permet néanmoins à l‘économie française d‘aborder 2014 avec un acquis de croissance de 0,3%, qui crédibilise la prévision de hausse de 0,9% du PIB faite par le gouvernement dans son budget.

Pour Fabrice Montagne, économiste de la banque Barclays, ces chiffres, bien que faiblement positifs, dessinent un panorama relativement bon de l‘économie française.

“En particulier, la révision à la hausse des trimestres précédents contredit nettement l‘idée d‘un découplage entre la France et l‘Allemagne”, écrit-il dans une note, même si la croissance est encore trop faible pour inverser les tendances sur le marché du travail ou d‘autres composants cycliques.

Le scénario pour 2014 s‘annonce différent: une reprise poussive est escomptée en France, l‘Insee tablant sur des hausses limitées à 0,2% du PIB au premier comme au deuxième trimestres, alors que l‘Allemagne envisage de son côté une croissance de 1,8% sur l‘année.

INVESTISSEMENT DES ENTREPRISES EN HAUSSE

En attendant, la France a retrouvé pour la première fois au 31 décembre son niveau d‘activité légèrement supérieur (+0,1%) à celui du premier trimestre 2008, le dernier avant la crise.

Elle le doit à une consommation solide (+0,5%), les ménages ayant sans doute puisé dans leur épargne pour acheter, et surtout à un investissement en territoire positif (+0,6%) pour la première fois depuis fin 2011.

Celui des entreprises a notamment progressé de 0,9% mais il reste néanmoins inférieur de plus de 10% à son niveau de début 2008.

En conséquence, la contribution de la demande intérieure finale (hors stocks) à la croissance du quatrième trimestre a atteint 0,5 point, un plus haut depuis début 2011.

Celle de la variation des stocks a été négative de 0,3 point en contrecoup de son niveau élevé du 3e trimestre (+0,6 point) et celle du commerce extérieur positive de 0,2 point.

Les économistes attendent un début 2014 moins solide côté consommation, la fin 2013 ayant profité de facteurs exceptionnels comme les achats de voitures avant le durcissement du malus écologique au 1er janvier, le déblocage de l‘épargne salariale par le gouvernement ou encore l‘anticipation de la hausse de la TVA pour l‘entretien des logements.

Edité par Yves Clarisse

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