February 13, 2014 / 7:59 AM / 3 years ago

EDF prévoit de générer une trésorerie positive en 2018

5 MINUTES DE LECTURE

EDF a vu ses résultats progresser en 2013, portés par la France et ses réductions de coûts. L'électricien public français estime que ses investissements nets devraient atteindre un pic de 14 milliards d'euros en 2015, contre 15 milliards prévus précédemment. /Photo prise le 30 juillet 2013/Benoît Tessier

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - EDF a publié jeudi des résultats annuels en hausse, portés par la France et ses réductions de coûts, et a fait savoir qu'il prévoyait de générer un flux de trésorerie (cash-flow) positif en 2018.

Confronté à un "mur" de dépenses dans son parc nucléaire français et dans les réseaux, l'électricien public a précisé que ses investissements nets devraient atteindre un pic de 14 milliards d'euros en 2015, contre 15 milliards prévus précédemment.

Son objectif de trésorerie exclut toutefois le projet de compteur électrique "intelligent" Linky, dont l'entrée dans tous les foyers français de 2016 à 2020 a été annoncée par le gouvernement début juillet et qui devrait coûter près de cinq milliards d'euros.

Alors que le groupe, dont l'Etat détient 84% du capital, est apparu ces derniers mois comme un candidat évident à une cession de titres de la part du gouvernement, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a par ailleurs déclaré jeudi qu'un tel projet n'était pas envisagé.

Ces annonces font progresser l'action EDF en Bourse, qui gagne 2,3% à 26,68 euros à 10h50, parmi les plus fortes hausses de l'indice CAC 40 (-0,19%).

"Les chiffres sont globalement supérieurs aux attentes. Cela fait plusieurs trimestres qu'EDF arrive à faire mieux qu'attendu, ce qui lui confère une certaine crédibilité. Le dividende est également légèrement meilleur qu'attendu (...)", a commenté un gérant parisien.

Dividende Maintenu à 1,25 Euro

EDF a souligné que son cash-flow opérationnel de 13 milliards d'euros environ (+5,4%) lui avait permis en 2013 de couvrir ses investissements nets de 12,2 milliards, mais il a enregistré un flux de trésorerie total négatif de 366 millions après dividendes.

Le groupe propose en outre de maintenir son dividende à 1,25 euro par action, ce qui représente un montant proche de 2,3 milliards, et prévoit 13 à 13,5 milliards d'investissements nets cette année.

"Nos investissements seront significativement réduits (après 2015) pour atteindre en 2018 un niveau comparable à celui de 2013", a déclaré le PDG Henri Proglio, lors d'une conférence avec la presse et les analystes.

L'objectif de génération de trésorerie pour 2018 repose aussi sur la poursuite des efforts en matière de coûts, qui se sont traduits par 1,3 milliard d'euros d'économies en 2013 sur un programme de plus de 2,5 milliards en 2015 par rapport à 2010.

Pour 2014, EDF table sur un résultat brut d'exploitation (Ebitda) en croissance organique d'au moins 3% en excluant sa filiale italienne Edison.

Par ailleurs, le groupe confirme que les mises en service du terminal méthanier de Dunkerque et du réacteur nucléaire de type EPR de Flamanville (Manche) sont prévues respectivement en 2015 et 2016. Il prévoit toujours de prendre un décision finale d'investissement cette année sur le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point, en Grande-Bretagne.

Clarifications De L'etat Toujours Attendues

En France, EDF attend en particulier de l'Etat des clarifications sur les tarifs de distribution (Turpe 4) et sur la méthode de calcul de l'Arenh, le prix auquel il doit revendre à ses concurrents une partie de sa production d'électricité d'origine nucléaire.

Henri Proglio a réaffirmé qu'EDF souhaitait voir l'Arenh atteindre progressivement 50 euros par mégawatt-heure, contre 42 euros aujourd'hui.

Le niveau de l'Arenh a été vivement contesté depuis la mise en place du système en juillet 2011, les rivaux d'EDF le jugeant trop élevé pour leur permettre de réellement concurrencer l'opérateur historique tandis que les industriels critiquent un tarif qui grève leur compétitivité.

EDF a enregistré en 2013 un résultat net part du groupe de 3,5 milliards d'euros (+7,4%), un résultat net courant de 4,1 milliards (-1,4%), un Ebitda de 16,8 milliards (+4,8% dont +5,5% en organique) et un chiffre d'affaires de 75,6 milliards (+4,7%).

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes attendaient en moyenne un résultat net part du groupe de 3,6 milliards, un Ebitda de 16,6 milliards et un chiffre d'affaires de 74,6 milliards.

L'endettement financier net d'EDF atteint 35,5 milliards d'euros à fin 2013, en baisse de 3,7 milliards par rapport à fin 2012, ce qui représente une ratio d'endettement financier net sur Ebitda de 2,1 fois.

En France, le groupe a bénéficié d'une hausse des tarifs de 5% en août mais sa production nucléaire a reculé de 0,3% à 403,7 térawatts/heure (TWh), l'objectif pour 2014 étant fixé à un niveau compris entre 410 et 415 TWh.

Avec Geert De Clercq et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

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