February 13, 2014 / 7:29 AM / 3 years ago

Pernod Ricard ne voit pas de rebond chinois à court terme

5 MINUTES DE LECTURE

Pierre Pringuet, directeur général de Pernod Ricard. Plombé par la faiblesse persistante de la demande de cognac et de whisky en Chine, le numéro deux mondial des spiritueux a abaissé sa prévision de bénéfice opérationnel annuel 2013-2014 et a annoncé un plan visant à améliorer son efficacité opérationnelle. /Photo prise le 13 février 2014/Benoît Tessier

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard a abaissé jeudi sa prévision de bénéfice opérationnel annuel, plombé par la faiblesse persistante de la demande de cognac et de whisky en Chine, où le groupe ne voit pas d'amélioration à court terme.

Le numéro deux mondial des spiritueux derrière Diageo table maintenant sur une croissance organique limitée à 1% à 3% pour le résultat opérationnel courant (ROC) de son exercice à fin juin, au lieu des 4% à 5% prévus en octobre.

Cette révision n'a cependant guère surpris les analystes, qui avaient abaissé leurs objectifs après la nouvelle détérioration du marché chinois évoquée par Rémy Cointreau et Diageo.

Le groupe, qui dit anticiper une situation toujours "difficile" en Chine dans les mois qui viennent, a également annoncé un plan d'économies de 150 millions d'euros par an d'ici trois ans.

Le propriétaire du cognac Martell, du whisky Chivas Regal ou de la vodka Absolut a vu ses ventes semestrielles plonger de 18% en Chine, où il réalise 12% de son chiffre d'affaires et qui pèse, selon les analystes, pour environ 15% de son résultat opérationnel.

Alors qu'il tablait sur une amélioration de la demande chinoise au second semestre de l'exercice, "le redressement prendra plus de temps que prévu car les autorités ont renforcé leurs mesures de lutte contre la consommation ostentatoire", a déclaré à Reuters Pierre Pringuet, directeur général du groupe.

Il a précisé qu'il n'avait pas de visibilité sur le calendrier d'une reprise de la consommation pour les alcools super-premium.

Pernod Ricard souffre, comme tous les grands acteurs des spiritueux, des mesures prises par Pékin visant à éradiquer les dépenses jugées ostentatoires et qui ont principalement touché les pratiques des cadeaux et des banquets où les alcools les plus chers coulaient à flot il y a encore un an.

Son portefeuille de marques haut de gamme (le cognac Martell Cordon Bleu ou XO, le whisky Chivas 12 et 18 ans d'âge) pèse pour environ 20% à 25% de ses ventes en Chine.

Viser La Classe Moyenne

Plus exposé que ses pairs au marché très haut de gamme, Rémy Cointreau souffre davantage que Pernod ou Hennessy (groupe LVMH), numéro un mondial du cognac, dont l'offre est plus diversifiée et vise aussi la classe moyenne émergente.

Le PDG de Moët Hennessy, Christophe Navarre, estime quant à lui que "ce qui a disparu ne reviendra pas dans les canaux de distribution touchés par les mesures chinoises".

A plus long terme, Pernod comme ses concurrents se dit "très confiant" en ce qui concerne le marché chinois, dont le potentiel réside surtout dans la croissance de la classe moyenne.

Le segment des alcools de moyenne gamme fait donc maintenant l'objet de toutes les attentions. Pernod Ricard vient ainsi de lancer en Chine son Martell "Distinction", un cognac de type VS (les eaux-de-vie les plus jeunes), et accélère la promotion de son whisky Ballentine's Finest. Hennessy, lui, profite du succès de son Classium, un cognac VS lancé il y a deux ans et qui vise les consommateurs des bars et boîtes de nuit.

Pernod Ricard a cependant bouclé son premier semestre (4,57 milliards d'euros) sur des ventes stables (hors taux de change) grâce à de solides performances aux Etats-Unis, son premier marché où son chiffre d'affaires a grimpé de 5%, en France (+6%) et en Europe (+3%).

Il a aussi agréablement surpris avec une amélioration de sa croissance organique au deuxième trimestre à 2%, après une baisse de 1% au trimestre précédent.

Cette performance a été saluée en Bourse, où le titre gagnait 0,9% à 13h10, dans un marché en recul de 0,35%.

Impacté par l'appréciation de l'euro, le résultat opérationnel courant du premier semestre recule de 7% à 1,359 milliard d'euros, mais progresse de 2% hors effets de changes.

"Les choses vont être encore difficiles en Chine, mais il est probable que le pire est derrière pour Pernod, dont la valorisation est attractive", notent les analystes de Liberum.

Les multiples de valorisation de Pernod Ricard ressortent à 16,8 fois son bénéfice attendu à un an, contre 23,4 fois pour Rémy Cointreau et 17,22 fois pour Diageo.

Edité par Dominique Rodriguez

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