7 février 2014 / 08:06 / dans 4 ans

Le déficit commercial français réduit grâce aux importations

LE DÉFICIT COMMERCIAL

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le déficit du commerce extérieur de la France s‘est contracté de six milliards d‘euros l‘an passé pour revenir à son plus bas niveau depuis 2010, sous l‘effet d‘une baisse des importations (-2,3%) plus forte que celle des exportations (-1,3%), selon les chiffres publiés vendredi par les douanes.

A -61,2 milliards d‘euros, il marque une nette amélioration par rapport à 2012 et surtout au record de -74,2 milliards enregistré en 2011. Mais il reste loin du niveau des années d‘avant-crise (-42,5 milliards en 2007) et représente encore l‘équivalent de trois points de PIB.

Outre les problèmes de compétitivité de son économie, auquel le gouvernement a décidé de s‘attaquer par le “pacte de responsabilité”, la France paye le positionnement géographique de son commerce extérieur, notamment le poids qu‘y représente une Europe du Sud ébranlée par la récession.

Le marasme de la zone euro a également pesé sur les exportations de l‘Allemagne, qui ont accusé l‘an passé leur premier recul (-0,2%) depuis 2009. Mais la première économie européenne a enregistré néanmoins un excédent commercial record (198,9 milliards) à la faveur elle aussi d‘une baisse plus marquée (-1,2%) de ses importations.

La ministre du Commerce extérieur, Nicolas Bricq, espère que 2014 sera une année plus porteuse.

“Nos zones de chalandise traditionnelles se portent mieux, c‘est notamment le cas de la zone euro (47% des exportations françaises), qui renoue avec la croissance”, a-t-elle dit au cours d‘une conférence de presse.

LES EXPORTATIONS D‘AUTOMOBILES EN BERNE

Elle a cité une étude du Trésor prévoyant que la demande extérieure adressée à la France devrait croître cette année de 4%, contre 2% en 2013.

En attendant, Nicole Bricq s‘est félicitée que le déficit commercial hors énergie ait à nouveau diminué l‘an passé, à 13,5 milliards d‘euros (contre 15,0 milliards en 2012), alors qu‘elle s‘est fixé l‘objectif de le ramener à zéro à l‘horizon 2017.

Les quatre grands secteurs français exportateurs - aéronautique, agroalimentaire, chimie et cosmétiques, pharmacie - ont vu leur excédent progresser l‘an passé.

Mais 2013 a été difficile pour les secteurs déficitaires, à commencer par l‘automobile, dont le solde a été négatif de 6,1 milliards d‘euros (après -3,4 milliards en 2012).

Le solde global de la balance commerciale aurait été plus dégradé si les importations d‘énergie n‘avaient pas diminué de plus de quatre milliards d‘euros sous l‘effet combiné de la baisse des prix du pétrole et de la hausse de l‘euro.

La vigueur de la monnaie unique européenne pèse aussi “un peu” sur les exportations françaises, estime Nicole Bricq. Mais la ministre ajoute qu’“il ne faut pas chercher au travers du cours de l‘euro une excuse à nos problèmes de compétitivité”.

“Si l‘investissement reste tel qu‘il est aujourd‘hui, ça n‘ira pas. C‘est pour ça que le pacte de responsabilité prend toute sa signification”, a-t-elle déclaré en référence aux annonces faites en début d‘année par François Hollande.

HAUSSE DU NOMBRE D‘ENTREPRISES EXPORTATRICES

Son ministère estime néanmoins que la part de la France dans les échanges de biens au niveau mondial s‘est stabilisée en valeur l‘an passé à 3,1%. En volume, la part de la France dans les exportations de l‘OCDE se stabilise aussi depuis trois ans.

Et le nombre d‘entreprises françaises exportatrices s‘est inscrit l‘an passé à son plus haut niveau depuis 2007.

Sur le seul mois de décembre, le déficit commercial de la France est ressorti à 5,207 milliards d‘euros contre 5,673 milliards le mois précédent.

Michel Martinez, économiste zone euro de la Société générale, estime dans une note que le commerce extérieur devrait avoir contribué pour 0,1 point à la croissance de l‘économie française pour le quatrième trimestre, dont le chiffre sera publié le 14 février.

Ceci l‘amène, après les données relativement solides de la consommation publiées la semaine passée, à relever sa prévision de PIB pour la période de +0,3% à +0,4%, soit le niveau anticipé par l‘Insee dans sa dernière note de conjoncture.

Avec Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

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