February 6, 2014 / 12:57 PM / 3 years ago

Statu quo à la BCE, dans l'attente de plus d'informations

5 MINUTES DE LECTURE

Le président de la BCE Mario Draghi. La Banque centrale européenne n'a pas modifié ses taux directeurs jeudi, ce qui était prévu, tout en se disant toujours prête à agir dans la mesure où les remous des marchés émergents pourraient, à son sens, affecter la zone euro. /Photo prise le 6 février 2014/Ralph Orlowski

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas modifié ses taux directeurs jeudi, ce qui était prévu, tout en se disant toujours prête à agir dans la mesure où les remous des marchés émergents pourraient, à son sens, affecter la zone euro.

Les risques pour l'économie des Dix-Huit restent orientés à la baisse et l'inflation restera faible pendant une période prolongée, a dit le président Mario Draghi, après avoir décidé de maintenir le taux de refinancement à 0,25%.

"Les évolutions des conditions du marché monétaire et financier mondial et les incertitudes afférentes, surtout dans les économies des marchés émergents, peuvent en puissance affecter négativement la situation économique", a-t-il ajouté.

L'institut d'émission a malgré tout jugé jeudi qu'il était urgent d'attendre les nouvelles prévisions économiques de l'Eurosystème qui paraîtront le mois prochain.

"La raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas agir aujourd'hui tient à la complexité de la situation... et à la nécessité d'avoir plus d'informations", a-t-il expliqué.

"Avant tout, les projections économiques de l'Eurosystème, qui sortiront début mars, comporteront pour la première fois les prévisions pour 2016 et c'est une changement significatif de notre analyse".

Si l'Eurosystème revoit à la baisse ses prévisions d'inflation - pour 2014, elle n'est que de 1,2% - la BCE pourrait se décider à agir.

L'inflation a été de 0,7% en janvier, alors que la BCE vise un taux annuel d'un peu moins de 2%. Le conseil des gouverneurs s'est réuni dans un contexte de remous des marchés émergents, lesquels risquent de se traduire par une montée de l'euro, ce qui constituerait un important facteur déflationniste de plus à prendre en compte.

Mais pour l'heure, les anticipations d'inflation restent fermement ancrées, a observé le gouverneur de la BCE. Surtout, a-t-il poursuivi, "il y aura sans doute une inflation atone, une inflation basse pour une période prolongée, étendue, mais pas de déflation".

Fragile Et inégale

La Banque d'Angleterre elle aussi a observé le statu quo monétaire mais sa problématique est différente. Elle doit convaincre les marchés que le retour de la croissance n'exigera pas une hausse des taux par anticipation.

La BCE n'a pas envie de voir l'inflation rester coincée dans une "zone dangereuse" - selon les propres mots de Draghi - en deçà de 1% et s'est engagée une fois de plus à maintenir les taux "à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée".

Pour l'instant, la reprise économique de la zone euro n'est pas affectée par le climat ambiant, quoiqu'elle soit encore fragile. Le secteur privé a enregistré en janvier son mois le plus actif depuis deux ans et demi dans la zone euro, une forte croissance manufacturière ayant largement compensé une expansion plus modeste du secteur des services, selon les enquêtes PMI publiées mercredi par Markit.

"Comme je l'ai dit à maintes reprises, il faut être d'une prudence extrême avec cette reprise parce qu'elle reste fragile et inégale, parce qu'elle part d'un niveau d'activité bas; mais jusqu'à présent, elle continue", a diagnostique Mario Draghi.

Il avait dit voici un mois qu'une nouvelle initiative de la banque centrale se justifierait si les perspectives d'inflation empiraient ou si les taux du marché monétaire montaient de manière "injustifiée".

Pour empêcher de telles tensions sur le marché monétaire, la banque peut choisir de ne plus neutraliser ses achats obligataires pratiqués dans le cadre du Programme pour les marchés de titres, ce qui y ajouterait sur le champ 175 milliards d'euros.

Mario Draghi a dit que c'était l'une des possibilités à l'étude mais qu'elle n'avait pas été évoquée lors de la réunion de ce jour.

"Nous suivrons attentivement les évolutions et sommes prêts à examiner tous les instruments disponibles. Nous restons fermement déterminés à maintenir notre orientation largement accommodante et à prendre, si nécessaire, de nouvelles mesures décisives", a-t-il dit.

Avec Paul Carrel et Eva Taylor, avec Mike Peacock, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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