La survie du fret aérien passe par le haut de gamme

mercredi 5 février 2014 15h40
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - La bataille du fret se gagnera sur le haut de gamme pour les compagnies aériennes européennes, confrontées à la concurrence de compagnies du Golfe, aux moyens et aux ambitions gargantuesques, ainsi qu'à celle du transport maritime, plus lent mais très économique.

Ce segment, désormais cantonné aux marchandises à forte valeur ajoutée et aux transports urgents, apporte un complément notable aux recettes des vols long-courriers, le seul segment vraiment lucratif des compagnies aériennes, soulignent des experts et responsables du secteur.

Ainsi, un "smartphone" dernier cri, un succulent melon de Cavaillon ou un lot de vaccins voyageront de préférence par avion, plus rapide et plus flexible, tandis qu'un téléphone bas de gamme, une banane ou un médicament générique pourront transiter par bateau.

"Le défi du fret aérien c'est d'être à la hauteur du produit de luxe qu'il représente", déclare à Reuters Herbert de Saint-Simon, directeur général de Bolloré Logistics.

"Si tout le monde avait le choix, on choisirait le bateau parce que l'écart de prix peut être de 1 à 20", observe-t-il. La principale marque de la société, SDV, propose différents modes de transport, combinés pour répondre aux besoins de ses clients.

Selon les données publiées mercredi par l'Association internationale du transport aérien (Iata), le taux de remplissage mondial n'était que de 45,3% en 2013 pour le fret, quasi stable par rapport à 2012, à comparer à un coefficient d'occupation proche de 80% des cabines dans le transport de passagers.

"La situation s'est vraiment dégradée en 2009", rappelle Olivier Fainsilber, associé au sein du cabinet Oliver Wyman, soulignant l'absence de véritable reprise depuis. "L'économie est très loin de la surchauffe et la surchauffe, c'est ce qui est bon pour le fret aérien."

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La bataille du fret se gagnera sur le haut de gamme pour les compagnies aériennes européennes, confrontées à la concurrence de compagnies du Golfe, aux moyens et aux ambitions gargantuesques, ainsi qu'à celle du transport maritime, plus lent mais très économique. /Photo d'archives/REUTERS/B Mathur