February 4, 2014 / 6:19 PM / 3 years ago

Carven en plein essor pense tripler de taille en quatre ans

4 MINUTES DE LECTURE

Selon Henri Sebaoun, le PDG et propriétaire de Carven, la griffe, l'une des plus belles "success story" de la mode française, pense tripler de taille en quatre ans grâce à un ambitieux programme d'ouvertures de magasins et une demande qui ne faiblit pas. /Photo prise le 4 février 2014/Benoît Tessier

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Carven, une des plus belles "success story" de la mode française, pense tripler de taille en quatre ans grâce à un ambitieux programme d'ouvertures de magasins et une demande qui ne faiblit pas, a déclaré mardi à Reuters le PDG et propriétaire de la griffe.

Tombée dans l'oubli dans les années 1980 et rachetée en 2008, Carven a renoué avec le succès dès sa première collection présentée à l'été 2010 grâce à un positionnement unique sur le marché de la mode, fait de forte créativité et de prix dits "accessibles".

Sous la houlette du discret Guillaume Henry, passé chez Givenchy et Paule Ka, les robes gaies et sagement sexy, vendues autour de 350 euros, s'arrachent comme des petits pains.

"Nous pouvons tripler de taille d'ici quatre ans", a dit Henri Sebaoun lors d'une interview au nouveau siège de l'entreprise niché en plein coeur de Saint-Germain-des-Prés.

Il s'est cependant refusé à donner une indication précise du niveau des ventes de la marque, qu'il situait en 2011 autour de 20 millions d'euros. Selon des estimations, il aurait plus que doublé en deux ans pour atteindre environ 45 millions en 2013.

Forte de son succès, Carven a ouvert des boutiques à un rythme accéléré. Après 15 ouvertures en 2013, l'entreprise aura 12 nouveaux magasins cette année, à Dubaï, Bangkok ou Los Angeles notamment, ainsi qu'une deuxième adresse à New York et Londres.

Avec 23 points de vente dans le monde à la fin 2013, ouverts pour la plupart en coentreprise avec des partenaires, et 15 "shop in shop" (boutiques dans les grands magasins), Carven réalise 88% de ses ventes dans le réseau de gros et ambitionne de ramener cette part à 60% d'ici quatre ans, a précisé Henri Sebaoun.

Rester indépendant

Carven doit aussi trouver un nouvel actionnaire minoritaire et des financements supplémentaires pour nourrir son développement accéléré.

Entré au capital de l'entreprise en 2008, lors du rachat par Henri Sebaoun et son cousin Marc Sztykman (63% du capital à eux deux), le fonds Turenne Investissement, plutôt spécialiste de l'amorçage, a vocation à sortir.

"Nous étudions les possibilités d'accompagnement pour les années à venir. C'est un sujet qui fait partie de l'exercice en cours", a précisé Henri Sebaoun, précisant qu'il entendait prendre son temps et préserver son indépendance.

Carven n'entend donc pas ouvrir son capital.

La société, qui se dit bénéficiaire et projette de l'être en 2014, entend aussi recourir à l'endettement pour financer sa croissance et ouvrir un bureau permanent à New York.

Alors qu'il avait évoqué en 2011 une possible introduction en Bourse, Henri Sebaoun a dit y avoir renoncé, Carven n'ayant "pas encore la taille nécessaire pour répondre aux contraintes de cette forme de financement".

La marque, qui a vendu ses parfums à la société Bogart en 2009 pour financer sa croissance, s'est développée dans les accessoires, qui pèsent pour 15% de ses ventes et dont la part pourrait à terme atteindre 30%.

Mais Henri Sebaoun tient à ce que Carven reste une marque de mode. "Le 'It bag', c'est un peu fini. Il y a trop d'acteurs sur ce créneau de la maroquinerie aujourd'hui."

Carven, créée par Carmen de Tommaso en 1945, s'était rendue célèbre dans les années 1950 par ses tailleurs faciles à porter, ses rayures ou ses carreaux de vichy rose. Elle habillait alors Michèle Morgan ou Edith Piaf.

La griffe, qui signait les uniformes des hôtesses d'Air France dans les années 1970, a ensuite entamé un lent déclin, perdant son âme au fil de ses propriétaires successifs et de multiples contrats de licence.

Madame Carven, Juste parmi les Nations et aujourd'hui âgée de 104 ans, est la doyenne des créateurs français.

Edité par Dominique Rodriguez

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