Départ du directeur du quotidien espagnol El Mundo

vendredi 31 janvier 2014 08h35
 

MADRID (Reuters) - Le directeur et fondateur du quotidien espagnol El Mundo, Pedro Jose Ramirez, a démissionné jeudi de ses fonctions dans un contexte de recul des ventes. Son départ intervient aussi alors que le journal a lancé les révélations sur une affaire de corruption présumée au sein du Parti populaire au pouvoir.

El Mundo, étiqueté à droite, a été le premier en 2013 à publier des articles sur ce scandale qui fragilise le président du gouvernement, Mariano Rajoy, et a conduit un de ses anciens trésoriers en prison.

Dans un communiqué, le groupe italien RCS, propriétaire du journal espagnol, précise simplement que "la direction d'El Mundo sera attribuée à Casimiro Garcia-Abadillo, actuel directeur adjoint, avec l'objectif de relancer la diffusion papier et de renforcer davantage son leadership numérique". La diffusion du journal et de sa version online a chuté de 14% en 2012.

Mais de source proche du dossier, on affirme que la démission de Ramirez serait la conséquence de ses accrochages avec le gouvernement.

La thèse a été balayée par le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, qui a affirmé que le gouvernement n'avait "absolument rien" à voir avec son départ avant de saluer en Ramirez "un grand journaliste qui a laissé sa marque sur tout une époque en Espagne".

Avec 1,1 million de lecteurs, El Mundo est le deuxième quotidien le plus lu d'Espagne derrière El Pais, du groupe Prisa, lu par 1,8 million de personnes, selon l'institut spécialisé EGM.

Selon cette même source proche du dossier, Ramirez, qui a fondé El Mundo en 1989, partirait avec des indemnités de l'ordre de 15 millions d'euros.

Elisabeth O'Leary, avec Claudia Cristoferi à Milan; Henri-Pierre André pour le service français

 
Le directeur et fondateur du quotidien espagnol El Mundo, Pedro Jose Ramirez, a démissionné jeudi de ses fonctions dans un contexte de recul des ventes. Son départ intervient aussi alors que le journal a lancé les révélations sur une affaire de corruption présumée au sein du Parti populaire au pouvoir. /Photo prise le 11 juillet 2013/REUTERS/Juan Medina