Le projet de réforme bancaire de la CE critiqué en France

mercredi 29 janvier 2014 23h33
 

par John O'Donnell

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Les propositions présentées par la Commission européenne pour limiter les risques pris par les plus grandes banques se sont attiré les foudres du gouverneur de la banque de France et des banques françaises même si elles ne remettent pas en cause le principe de la banque universelle défendu par Paris et Berlin.

Le projet de la Commission européenne, présenté mercredi, prévoit une interdiction du trading pour compte propre par les banques et une séparation entre les métiers traditionnels liés à la collecte de dépôts et les autres activités de trading, qui devront être logées dans des filiales dédiées.

Ces dernières demeureront contrôlées par les banques concernées, ce qui maintient le principe d'une coexistence au sein d'un même établissement des activités de banque de détail d'une part, de celles de banque de financement et d'investissement d'autre part.

Comme pour d'autres initiatives prises par l'Union européenne et ses Etats membres depuis le début de la crise financière pour renforcer la réglementation et la surveillance bancaire, le texte a été atténué sous l'effet des intenses pressions des professionnels du secteur.

L'exécutif européen a aussi dû composer avec l'opposition de la France et de l'Allemagne à une remise en cause du modèle de la banque universelle largement préservé dans les réformes bancaires que les deux pays ont d'ores et déjà adoptées.

PROPOSITIONS "IRRESPONSABLES", SELON NOYER

Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer n'en a pas moins estimé que les propositions formulées par la Commission européenne étaient "irresponsables et contraires aux intérêts de l'économie européenne". ())

La Fédération bancaire française (FBF), qui défend les intérêts des établissements bancaires français, a elle aussi critiqué le projet de Bruxelles.   Suite...

 
Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a vivement critiqué mercredi les propositions de la Commission européenne pour réformer le système bancaire, les jugeant irresponsables et contraires aux intérêts de l'économie. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau