L'opération séduction de Hollande à Ankara est aussi économique

mardi 28 janvier 2014 15h46
 

par Elizabeth Pineau

ISTANBUL (Reuters) - François Hollande a lancé mardi une opération séduction du monde économique en Turquie, pays à forte croissance où le président français a fixé comme objectif de faire passer le volume des échanges commerciaux de 12,5 à 20 milliards d'euros.

"En cinq ans, on peut y arriver", a expliqué le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, l'un des sept membres du gouvernement français à accompagner le président pour cette visite d'Etat de deux jours, évoquant des investissements croisés et des coopérations dans tous les domaines.

En 2013, la France était le 8e fournisseur de la Turquie avec 6,4 milliards d'euros d'exportations et son 6e client avec 5,9 milliards d'importations. Mais entre 2002 et 2012, la part française du marché turc a chuté de moitié, de 6,3% à 3,2%.

Un recul que les socialistes au pouvoir attribuent à l'ancien président UMP Nicolas Sarkozy, dont le quinquennat a vu un net refroidissement avec la Turquie, un pays qui ne peut selon lui rejoindre l'Union européenne.

"Aujourd'hui, c'est la fin d'une période de glaciation entre nos deux pays et c'est une remise en marche mutuelle", a dit Arnaud Montebourg à des journalistes, affirmant que sous Nicolas Sarkozy l'ambassadeur de France avait "interdiction de rencontrer le moindre officiel".

Le ministre s'est notamment félicité des accords passés avec GDF Suez pour la construction d'une centrale nucléaire - via un consortium franco-japonais - et d'une centrale thermique.

Le patron de GDF Suez Gérard Mestrallet, qui était du voyage, voit lui aussi un lien "incontestable" entre économie et diplomatie.

"Les relations politiques entre la France et la Turquie ont été difficiles et obscurcies à un certain moment. Manifestement le climat se dégèle et cette visite présidentielle l'illustre. C'est bien meilleur pour l'avancement des contrats", a-t-il dit la presse lundi à Ankara.   Suite...

 
François Hollande a lancé mardi une opération séduction du monde économique en Turquie, pays à forte croissance où le président français a fixé comme objectif de faire passer le volume des échanges commerciaux de 12,5 à 20 milliards d'euros. /Photo prise le 28 janvier 2014/REUTERS/Osman Orsal