La BCE peut-elle imposer sa vision du risque aux banques ?

lundi 27 janvier 2014 19h15
 

par Laura Noonan

LONDRES (Reuters) - La grand nettoyage des banques de la zone euro risque de tourner court car la Banque centrale européenne (BCE) ne peut légitimement obliger des banquiers tenus par leurs propres règles comptables à endosser ses vues sur la manière de calculer le risque dans leurs bilans.

La BCE procède depuis cette année à un examen de la qualité des actifs (Asset Quality Review, AQR) de 130 des principales banques de la zone euro en prélude à une nouvelle batterie de tests de résistance prévue dans le courant de l'année.

L'AQR doit déterminer si elles sont capitalisées comme il faut, tandis que les tests sont censés juger de leur capacité à surmonter une nouvelle crise. Les estimations du déficit en fonds propres des banques de la zone euro vont jusqu'à 1.000 milliards d'euros.

Comptables, banquiers et régulateurs font valoir que l'AQR risque de buter sur des problèmes juridiques et comptables dépassant les prérogatives de la BCE. Les banques doivent valoriser leurs actifs selon des normes comptables internationales et ne peuvent pas du jour au lendemain appliquer à leurs comptes les valorisations jugées bonnes par l'institut d'émission.

"La BCE est puissante mais pas au point de défaire des centaines d'années de droit des sociétés", a dit une source proche des instances de régulation.

Les banques auront l'obligation de mobiliser suffisamment de capital pour couvrir les risques identifiés par la BCE mais la volonté de transparence propre à l'AQR et son but qui est de rétablir la confiance des investisseurs risquent de faire long feu.

LES CAS IRLANDAIS ET SLOVÈNES

Ce risque est déjà concrétisé en Irlande où la Bank of Ireland dit être en désaccord avec certaines des valorisations produites par la banque centrale locale fin 2013. En Slovénie, un responsable bancaire a dit que son établissement ne modifierait pas son bilan en fin d'année pour y intégrer les conclusions de l'examen des actifs.   Suite...

 
La grand nettoyage des banques de la zone euro risque de tourner court car la Banque centrale européenne (BCE) ne peut légitimement obliger des banquiers tenus par leurs propres règles comptables à endosser ses vues sur la manière de calculer le risque dans leurs bilans. /Photo prise le 5 novembre 2013/REUTERS/Kai Pfaffenbach