L'AQR, un exercice de vérité pour les banques semé d'embuches

dimanche 26 janvier 2014 11h27
 

LONDRES/PARIS (Reuters) - Barrie Wilkinson a commencé sa carrière en testant la solidité des ponts. Aujourd'hui, il est l'une des chevilles ouvrières des tests de résistance entrepris par la Banque centrale européenne sur les plus grandes banques de la zone euro.

Depuis cet automne, la BCE s'est lancée dans un examen en profondeur des bilans des banques destiné à restaurer une confiance mise à mal par la crise financière puis celle des dettes souveraines.

Les résultats doivent être publiés en novembre avant que la BCE ne prenne en charge la supervision directe des quelque 130 plus grandes banques de la zone euro.

Pour Barrie Wilkinson, codirecteur du département Finance & Risk du cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman, sélectionné par la BCE pour lui prêter main-forte, la tâche n'est pas sans rappeler les contrôles techniques des ouvrages d'art.

Pour un pont, "il faut regarder l'historique des tensions auxquelles il a pu être soumis, le trafic que l'on peut anticiper en extrapolant les tendances passées... la vitesse maximale du vent auquel il doit pouvoir résister", explique-t-il. "Ensuite vous regardez comment le pont a été construit et vous essayez d'identifier son point de défaillance".

Des entretiens avec plus d'une vingtaine de responsables publics, banquiers et consultants impliqués dans le processus en cours ou qui ont participé à des tests de résistance déjà conduits dans plusieurs pays européens font toutefois ressortir les nombreux écueils de cet exercice de vérité.

"TROIS EN UN"

"Ce que l'on appelle communément la revue de la qualité des actifs (Asset Quality Review ou AQR) comprend en fait trois tiroirs, l'évaluation prudentielle des risques, la revue de la qualité des actifs proprement dite et les tests de résistance", rappelle un responsable d'une grande banque française qui a requis l'anonymat.

"Les trois sont liés car dans les tests de résistance, il y a des éléments qui servent pour l'AQR et qui contribuent aussi à l'évaluation prudentielle des risques", explique-t-on chez Oliver Wyman.   Suite...

 
Le siège de la BCE. Depuis cet automne, l'institution s'est lancée dans un examen en profondeur des bilans des banques, comprenant notamment la revue de la qualité des actifs (Asset Quality Review ou AQR). Les résultats doivent être publiés en novembre avant que la BCE ne prenne en charge la supervision directe des quelque 130 plus grandes banques de la zone euro. /Photo prise le 2 septembre 2013/REUTERS/Kai Pfaffenbach