Fiat envisage une cotation à New York, aux dépens de l'Italie

lundi 6 janvier 2014 08h10
 

par Agnieszka Flak et Deepa Seetharaman

MILAN/DETROIT (Reuters) - La fusion entre Fiat et Chrysler aura probablement pour conséquence une cotation à New York qui fera de l'Amérique du Nord le nouveau centre de gravité du groupe, aux dépens de l'Italie.

Deux sources proches du groupe italien ont évoqué la probabilité d'une cotation à Wall Street dès 2015, après l'annonce le 1er janvier d'un accord permettant à Fiat de racheter la totalité du troisième constructeur américain dont il était déjà l'actionnaire principal.

Chrysler a déjà représenté plus de la moitié du chiffre d'affaires du groupe au premier semestre, permettant à Fiat de dégager un bénéfice de 435 millions d'euros alors que ses opérations propres ont accusé une perte de 501 millions.

Selon des estimations du cabinet IHS Automotive, les usines italiennes de Fiat n'ont tourné en moyenne qu'à 41% de leurs capacités en 2013.

Une cotation à New York permettrait à l'administrateur délégué Sergio Marchionne de prendre encore un peu plus de distance avec le Vieux Continent et de présenter Fiat à l'égal de General Motors ou de Ford devant les investisseurs.

"Avec une cotation aux Etats-Unis, c'est toute la perception du groupe qui pourrait évoluer", commente George Galliers, analyste chez International Strategy and Investment.

"Aujourd'hui Fiat est perçu comme un acteur européen plutôt faible, avec une bonne exposition en Amérique latine et une exposition en Amérique latine grâce à Chrysler. Une fois coté à New York, il sera placé sur le même plan que Ford et GM."

Si Fiat a son siège à Turin depuis 115 ans, "le centre de gravité s'est déplacé de l'autre côté de l'océan, aux Etats-Unis", renchérit Luciano Gallino, un sociologue spécialiste du marché du travail, cité par l'agence italienne Ansa.   Suite...

 
Sergio Marchionne, l'administrateur délégué de Fiat. La fusion entre Fiat et Chrysler aura probablement pour conséquence une cotation à New York qui fera de l'Amérique du Nord le nouveau centre de gravité du groupe, aux dépens de l'Italie, deux sources proches du groupe italien évoquant la probabilité d'une cotation à Wall Street dès 2015. /Photo prise le 5 mars 2013/REUTERS/Denis Balibouse