Le chantier du canal de Panama menacé, Sacyr dans la tourmente

jeudi 2 janvier 2014 20h42
 

MADRID (Reuters) - Les sociétés en charge de l'agrandissement du canal de Panama ont menacé de suspendre les travaux si l'Etat n'assume pas des surcoûts qui dépassent les 1,6 milliard de dollars (1,17 milliard d'euros).

Le président panaméen, Ricardo Martinelli, a formé le voeu jeudi que le chantier continue en dépit du contentieux et il a annoncé son intention de se rendre en Espagne et en Italie pour s'entretenir avec les entreprises.

Dans un communiqué commun publié mercredi, le groupe espagnol Sacyr, l'italien Salini Impregilo, le belge Jan De Nul et le panaméen Constructora Urbana demandent que les dépassements de coûts soient assumés par l'Autorité du Canal de Panama (ACP), organisme public qui supervise le chantier, comme le prévoit selon eux le contrat.

Le consortium, appelé Grupo Unidos por el Canal, précise que l'Autorité a 21 jours pour répondre à cette demande, durant lesquels les travaux se poursuivront normalement. Mais il ajoute que le projet sera suspendu si rien ne se passe.

L'ACP a rejeté la demande du consortium en s'appuyant elle aussi sur les termes du contrat, attribué il y a quatre ans pour un montant total de 3,2 milliards de dollars.

Le président panaméen a lui aussi demandé aux entreprises de respecter leurs engagements. "Une entreprise ne devrait pas pouvoir atteindre un tel montant de dépassements de coûts sur un projet", a-t-il dit.

Selon la presse espagnole, le projet qui vise à agrandir le canal et à le rendre plus profond est achevé à environ 75%.

L'IMAGE DE L'ESPAGNE ÉCORNÉE

Le consortium est emmené par Sacyr qui avait remporté le contrat en 2009 avec une offre à 3,12 milliards de dollars, bien inférieure à celles de ses concurrents et même au budget de référence -3,84 milliards- établi par l'Autorité du canal.   Suite...

 
Le siège du groupe Sacyr à Madrid. Le consortium de sociétés en charge de l'agrandissement du canal de Panama -emmené par le groupe de construction espagnol- a menacé de suspendre les travaux si l'Etat n'assume pas des surcoûts qui dépassent les 1,6 milliard de dollars (1,17 milliard d'euros). A la Bourse de Madrid, l'action Sacyr a chuté jeudi de 8,95% à 3,430 euros. /Photo prise le 2 janvier 2014/REUTERS/Susana Vera