2013: suspense, surprises et magie du verbe des banques centrales

samedi 21 décembre 2013 10h43
 

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les grandes banques centrales ont encore eu fort à faire en 2013 pour soutenir une reprise mondiale encore fragile et rassurer les investisseurs inquiets d'une réduction de leurs injections de liquidités, recourant plus que jamais à la magie du verbe.

Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke a mis fin le 19 décembre au suspense qu'il avait lui-même entretenu sur la réduction graduelle ("tapering") des rachats d'actifs destinés à contrer les effets de la crise financière de 2008.

A l'issue de son dernier comité de politique monétaire de l'année, la Fed a annoncé une diminution à 75 milliards de dollars mensuels (55 milliards d'euros), contre 85 milliards précédemment, de ses achats d'actifs à compter de janvier, ainsi que de nouvelles réductions au fil de l'année 2014 en fonction de l'affirmation de la reprise de l'économie américaine.

En évoquant en mai un sevrage progressif des achats d'actifs, Ben Bernanke -dont le mandat arrive à échéance le 31 janvier- avait forcé les investisseurs à réaliser que leur addiction aux liquidités ne pourrait pas durer.

Il avait dû temporiser face à la correction des marchés d'actions, à la déstabilisation de certains des principaux marchés émergents et surtout à la brusque remontée des taux longs aux Etats-Unis qui menaçait de fragiliser la reprise.

La Fed avait justifié son attentisme en septembre par les tensions sur les taux mais aussi par les incertitudes budgétaires, matérialisées par la suite avec le "shutdown" (16 jours de fermeture des administrations fédérales pour cause de blocage politique au Congrès).

Il reviendra donc à Janet Yellen, qui sera la première femme à prendre la tête de la Réserve fédérale des Etats-Unis, de piloter la sortie progressive des trois programmes d'assouplissement quantitatif initiés par Ben Bernanke, qui ont porté le total de bilan de la Fed à plus de 4.000 milliards de dollars.

L'absence apparente de tensions inflationnistes devrait laisser à la Fed le temps nécessaire pour gérer ce retrait sans risquer de provoquer une grave crise de manque à Wall Street.   Suite...

 
Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke, dont le mandat arrive à échéance le 31 janvier. Les grandes banques centrales ont encore eu fort à faire en 2013 pour soutenir une reprise mondiale encore fragile et rassurer les investisseurs inquiets d'une réduction de leurs injections de liquidités, recourant plus que jamais à la magie du verbe. /Photo prise le 18 décembre 2013/REUTERS/Jonathan Ernst