Le débat dans l'UE réformes contre soutien financier en panne

vendredi 20 décembre 2013 19h40
 

par Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - L'idée de "contrats" par lesquels les Etats de l'Union européenne s'engageraient à effectuer des réformes structurelles en échange d'un soutien financier a buté lors du Conseil européen de Bruxelles sur les réticences de nombreux pays.

Ces "partenariats pour la croissance, l'emploi et la compétitivité" prônés par Berlin mais considérés avec prudence par d'autres, dont Paris, sont au coeur du débat sur l'approfondissement de l'union économique et monétaire (UEM).

Ces arrangements engloberaient un large éventail de mesures destinées à favoriser la croissance et l'emploi, notamment en ce qui concerne le marché du travail, l'efficacité du secteur public, la recherche, l'innovation, la formation, etc.

Le soutien financier associé à l'engagement dans une telle politique serait destiné à aider le pays signataire à surmonter le coût économique et social initial de telles réformes.

Mais ce concept se heurte précisément à la question du financement et de l'équilibre entre nouvelles contraintes et effort de solidarité exigé des autres pays en contrepartie.

"Le problème c'est qui apporte les soutiens financiers, et comme cette question n'est pas pour l'instant réglée, il y a une interrogation", a expliqué jeudi soir François Hollande lors d'une conférence de presse en marge du Conseil européen.

En tout état de cause, ces soutiens ne peuvent être financés par le budget européen, ni par une éventuelle "capacité budgétaire" dont serait dotée la zone euro, dans la mesure où ces arrangements concerneraient potentiellement toute l'UE, a fait valoir le président français.

Il a estimé que la Banque européenne d'investissement pourrait jouer un rôle d'accompagnement. Mais il se dit surtout favorable, comme le président du Conseil italien Enrico Letta, à la possibilité de recourir à l'emprunt - ce qu'il appelle une "capacité financière".   Suite...

 
Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et celui de la Commission européenne José Manuel Barroso, à Bruxelles. L'idée de "contrats" par lesquels les Etats de l'Union européenne s'engageraient à effectuer des réformes structurelles en échange d'un soutien financier a buté sur les réticences de nombreux pays. /Photo prise le 20 décembre 2013/REUTERS/Yves Herman