Soigner sa communication, préoccupation nouvelle de la Fed

mercredi 11 décembre 2013 12h09
 

par Jonathan Spicer et Ann Saphir

NEW YORK/SAN FRANCISCO (Reuters) - Dès lors que le principal souci de la Réserve fédérale américaine n'est plus de savoir si elle doit dénouer son programme de soutien à l'économie mais quand elle devra le faire, la réunion monétaire de la semaine prochaine s'emploiera surtout à trouver la meilleure méthode de communiquer à ce sujet.

Les dernières statistiques du marché de l'emploi outre-Atlantique s'étant révélées solides, certains professionnels des marchés voient bien la Fed commencer à réduire ses rachats d'actifs à l'occasion de sa réunion des 17 et 18 décembre. La plupart pourtant pensent qu'elle maintiendra ses achats mensuels d'emprunts d'Etat à 85 milliards de dollars.

Les grandes banques centrales de la planète ont recours à ce que l'on appelle une communication avancée ("forward guidance") pour persuader les marchés financiers qu'elles n'hésiteront pas à soutenir la croissance des grandes puissances économiques aussi longtemps qu'il le faudra.

Cela veut dire en théorie que les coûts d'emprunt doivent rester suffisamment bas pour permettre à ces économies de regagner le terrain perdu durant la récession.

C'est ainsi que pour relever une économie américaine qui a connu sa pire récession depuis des décennies, la Fed maintient son taux d'intervention près de zéro. Dans le même temps, afin de maintenir bas les taux d'emprunt à long terme, elle s'est lancée dans le rachat massif d'emprunts d'Etat (Treasuries) et d'actifs adossés au marché immobilier.

Toutes ces actions sont enfin arrosées de communication avancée, un élément important et relativement nouveau de la stratégie de la Fed en vue de stimuler l'investissement et l'emploi.

DU CHANGEMENT DANS L'AIR

La Fed s'est engagée depuis décembre 2012 à ne pas même songer à relever les taux d'intérêt tant que le taux de chômage ne sera pas retombé à 6,5% au moins. Moins précises mais tout aussi importantes sont les indications données par la banque centrale sur ses achats d'actifs, à savoir qu'ils dureront tant que la situation du marché de l'emploi ne se sera pas nettement améliorée.   Suite...

 
Dès lors que le principal souci de la Réserve fédérale américaine n'est plus de savoir si elle doit dénouer son programme de soutien à l'économie mais quand elle devra le faire, la réunion monétaire de la semaine prochaine s'emploiera surtout à trouver la meilleure méthode de communiquer à ce sujet. /Photo d'archives/REUTERS/Larry Downing