La France, homme malade de l'Europe ? Pas si vite !

lundi 9 décembre 2013 20h09
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le redressement des économies britannique et espagnole fait ressurgir la thèse d'une France "homme malade de l'Europe" qui freinerait la reprise de la zone euro. "Pas si vite !", répondent des économistes, pour qui la France n'est pas condamnée au déclin, à condition de continuer à se réformer.

Certains soulignent en outre que la consommation française reste l'un des rares moteurs de la croissance de la zone euro et qu'il faut donc la préserver, en réformant l'économie du pays à mesure que l'activité accélère ailleurs en Europe.

Après une série de réformes depuis l'élection de François Hollande, saluées bien que souvent considérées comme timides - en particulier celle des retraites - c'est sur la poursuite des réformes que se concentrent les inquiétudes, plus que sur les performances économiques du pays.

A court terme, le diagnostic de l'économie française est incertain : les derniers indices PMI pointent vers une récession fin 2013, tandis que la Banque de France prévoit un net rebond. Pour 2014, la croissance y est prévue plus faible que la moyenne de la zone euro, une première depuis plusieurs années, mais supérieure à celle de l'Espagne ou de l'Italie.

Le Royaume-Uni connaît quant à lui une forte dynamique avec trois trimestres consécutifs de hausses du PIB, dont deux très nettes, mais l'économie n'y a toujours pas retrouvé son niveau d'activité d'avant-crise, quand la France y est presque.

"La France nouvel homme malade de l'Europe ?", s'interroge Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de l'institut Xerfi. "Le discours vire tellement à la caricature aujourd'hui que l'on atteint l'overdose avec ce qui ressemble de plus en plus à un pur marketing intellectuel".

"Les économies ont la vie plus dure que le prophétisent les Cassandre obsessionnels", ajoute-t-il, dans une vidéo diffusée lundi. Malgré le problème de compétitivité, les déficits des comptes sociaux ou le poids de la dette, "les lacunes françaises demeurent dans la mesure du réformable", juge-t-il.

DOUTE SUR LE RYTHME DES RÉFORMES   Suite...

 
Le redressement des économies britannique et espagnole fait ressurgir la thèse d'une France "homme malade de l'Europe" qui freinerait la reprise de la zone euro. Pourtant certains analystes soulignent que la consommation française reste l'un des rares moteurs de la croissance de la zone euro et qu'il faut donc la préserver, en réformant l'économie du pays à mesure que l'activité accélère ailleurs en Europe. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard