La récession s'atténue en Grèce mais la déflation s'accentue

lundi 9 décembre 2013 14h14
 

ATHENES (Reuters) - La poursuite de la récession a favorisé la déflation en Grèce en novembre, les prix enregistrant une baisse sans précédent qui complique la reprise en main de la dette publique.

Plombé par un chômage record, les coupes dans les salaires et la persistance d'importantes capacités excédentaires dans l'économie, l'indice des prix à la consommation a reculé de 2,9% en rythme annuel, après -2,0% en octobre, montrent les statistiques publiées lundi par l'institut national Elstat.

La baisse des prix n'est pas forcément mauvaise en soi puisqu'elle permet à la Grèce d'améliorer sa compétitivité à l'export tout en atténuant l'impact de la chute des revenus sur le pouvoir d'achat de ses habitants.

Mais l'OCDE a prévenu le mois dernier qu'un repli trop rapide des prix pourrait freiner le retour à la croissance, augmenter le ratio d'endettement et remettre en question les prévisions économiques sur lesquelles s'appuie le plan d'aide international.

Or, la contraction de 2,9% des prix par rapport à novembre 2012 est nettement plus marquée qu'attendu (les économistes interrogés par Reuters prévoyaient -1,7%).

"C'est sans précédent en Grèce", a déclaré Nikos Magginas, économiste de National Bank of Greece. "Une période prolongée de baisse généralisée des prix détériorerait la dynamique de la dette du pays."

Elstat a parallèlement confirmé que la baisse du produit intérieur brut (PIB) s'était de nouveau atténuée au troisième trimestre, revenant à 3,0% sur un an, un chiffre inchangé par rapport à la première estimation.

LA TROÏKA ACCUSÉE DE CHANTAGE

La Grèce et ses bailleurs de fonds internationaux prévoient une baisse de 4,0% sur l'ensemble de 2013, la sixième année consécutive d'une récession qui a fait fondre d'un quart le produit intérieur brut (PIB).   Suite...

 
A Athènes. La poursuite de la récession a favorisé la déflation en Grèce en novembre, les prix enregistrant une baisse sans précédent qui complique la reprise en main de la dette publique. /Photo prise le 12 août 2013/REUTERS/Yorgos Karahalis