Réunion décisive sur les salariés détachés lundi à Bruxelles

dimanche 8 décembre 2013 11h49
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les ministres du Travail des Vingt-Huit tenteront lundi à Bruxelles de s'accorder sur un renforcement des contrôles des salariés "détachés" exigé par la France avec le soutien d'une partie de ses partenaires mais bloqué par une dizaine de pays.

La clef d'un accord réside pour une bonne part dans l'attitude de la Pologne, jusqu'ici dans le camp du refus en compagnie du Royaume-Uni, de l'Irlande et de la plupart des pays d'Europe centrale et orientale membres de l'UE.

"Je choisirai l'absence de compromis plutôt qu'un mauvais compromis", a pour sa part déclaré jeudi le ministre français du Travail, Michel Sapin, lors d'une réunion de la Commission nationale de lutte contre le travail illégal.

Les ministres du Travail sont soumis à une double pression : celle de leurs opinions, à six mois d'élections européennes sous menace d'une percée historique des populistes et la crainte de voir le plombier polonais ou l'équarisseur roumain s'inviter au Conseil européen des 19 et 20 décembre.

Selon des sources européennes, le président du Conseil, Herman Van Rompuy a bien l'intention, en cas d'absence d'accord lundi sur le projet de directive sur les travailleurs détachés, d'inscrire le dossier à l'ordre du jour chargé de ce sommet, ce dont la chancelière Angela Merkel ne veut à aucun prix.

Cela pourrait l'amener à tenter de convaincre la France de mettre un peu d'eau dans son vin pour ménager la possibilité d'un compromis lundi, bien que l'Allemagne soit du côté de Paris, dit-on de mêmes sources.

ABUS ET DÉTOURNEMENT

Le projet de texte en question vise à corriger les failles d'une directive de 1996 qui autorise une entreprise à faire travailler ses salariés partout dans l'UE, à condition de respecter le droit du travail des pays hôtes, les cotisations sociales étant payées dans le pays d'origine.   Suite...

 
Les ministres du Travail des Vingt-Huit tenteront lundi à Bruxelles de s'accorder sur un renforcement des contrôles des salariés "détachés" exigé par la France avec le soutien d'une partie de ses partenaires mais bloqué par une dizaine de pays. /Photo d'archives/REUTERS/Yves Herman