PSA en panne sèche, comme l'économie française

mercredi 4 décembre 2013 16h33
 

par Mark John et Gilles Guillaume et Sophie Sassard

PARIS (Reuters) - C'est à Roissy Charles-de-Gaulle, le vendredi 11 octobre au soir, que le groupe PSA Peugeot Citroën a pris un virage historique. Une première équipe de banquiers s'enregistre sur un vol d'Air China, suivie le week-end par des dirigeants de PSA ainsi que des représentants du ministère des Finances.

Pour faire face à ses graves difficultés financières, PSA vient alors d'engager des discussions pour céder une participation au constructeur automobile chinois Dongfeng.

"Il y a en ce moment un grand exode vers la Chine", déclarait alors à Reuters un représentant syndical du premier groupe automobile français.

Pour les banquiers, il s'agit d'une affaire comme une autre, mais pas pour PSA, confronté à une hémorragie de cash de trois milliards d'euros l'an dernier. L'investissement conjoint envisagé par Dongfeng et l'Etat français pourrait s'avérer déterminant pour assurer la pérennité du groupe.

L'entreprise deux fois centenaire a produit l'une des premières voitures de série du monde en 1891, 22 ans avant que Ford n'invente la production de masse avec son modèle "T". Elle a depuis survécu à deux guerres mondiales et, surtout, a longtemps incarné une certaine idée du style à la française.

Mais PSA n'a pas su conserver ses positions face à une concurrence toujours plus vive, et la chute des ventes en Europe en 2011 a mis à jour l'extrême fragilité dans laquelle le groupe se trouve désormais. Il est devenu trop petit et trop isolé dans une industrie automobile où les économies d'échelle sont devenues le nerf de la guerre.

UN MIROIR DE L'ECONOMIE FRANCAISE

Les graves difficultés de PSA constituent à maints égards un miroir de la crise d'identité que traverse aujourd'hui la France, une ancienne grande puissance qui peine à trouver sa place sur la scène internationale.   Suite...

 
PSA n'a pas su conserver ses positions face à une concurrence toujours plus vive, et la chute des ventes en Europe en 2011 a mis à jour l'extrême fragilité dans laquelle le groupe se trouve désormais. Il est devenu trop petit et trop isolé dans une industrie automobile où les économies d'échelle sont devenues le nerf de la guerre et a donc engagé des discussions pour céder une participation au constructeur automobile chinois Dongfeng. /Photo prise le 15 mai 2013/REUTERS/Gonzalo Fuentes