Les banques périphériques tentent de se détacher des fonds BCE

vendredi 29 novembre 2013 16h24
 

par Owen Sanderson

LONDRES (Reuters) - Les banques périphériques de la zone euro n'ont plus autant besoin des financements d'urgence de la BCE et, aidées par un environnement devenu moins hostile, se risquent à emprunter sur le marché tout en faisant le ménage dans leur bilan.

Ces établissements, qui recouraient peu à la Banque centrale européenne (BCE) pour se refinancer avant 2008, en sont devenus dépendants lorsque la crise s'est déchaînée et que l'accès au marché s'est révélé compliqué sinon impossible.

Cette dépendance reste encore visible aujourd'hui. A la fin du troisième trimestre, 435 milliards d'euros d'obligations sécurisées et 369,5 milliards d'euros d'ABS étaient engagés comme garanties (collatéraux) pour bénéficier de financements de la BCE, suivant des données de cette dernière.

Toutefois, la réouverture de la plupart des marchés et le sentiment que le pire est passé les autorisent à voir ailleurs et certaines revendent des collatéraux auparavant mobilisés à la BCE ou rompent avec des programmes de financement d'urgence.

"Il n'y a pas que le régulateur qui veut une diversification des sources de financement, il y a aussi le marché, les agences de notation, les banques elles-mêmes; toutes les banques espagnoles sont disposées à chercher d'autres possibilités de financement", dit Carlos Pertejo, responsable des activités de banque d'investissement pour la péninsule ibérique chez Goldman Sachs.

CaixaBank a annoncé lundi que, sur un montant de 18,4 milliards d'euros d'obligations adossées à des actifs hypothécaires, elle en rachèterait 9,7 milliards. La majorité de ces titres, émis au deuxième trimestre 2012, ont été conservés par la banque dans ses livres, "afin de générer un supplément de collatéraux pour des refinancements de la BCE au cas où les conditions du marché se seraient encore dégradées".

Même si la banque n'a pas complètement renoncé à émettre des titres pour son propre compte et aux fins de collatéraux, l'ampleur du rachat et l'amortissement anticipé montrent qu'elle a trouvé un meilleur usage aux collatéraux attachés à ces titres.

"CaixaBank a très bien mené sa barque en restaurant une courbe senior, avec trois opérations senior non garanties suivies d'un Tier 2 cette année", observe Pertejo. "Elle n'a pas besoin de l'optionalité d'un collatéral BCE et le rembourser constitue un signal fort pour le marché".   Suite...

 
Siège de la banque espagnole Caixabank, à Barcelone. Les banques périphériques de la zone euro n'ont plus autant besoin des financements d'urgence de la BCE et, aidées par un environnement devenu moins hostile, se risquent à emprunter sur le marché tout en faisant le ménage dans leur bilan. /Photo d'archives/REUTERS/Albert Gea