Les fonds monétaires menacés par les taux négatifs en zone euro

mercredi 27 novembre 2013 14h53
 

par Marc Jones et Jamie McGeever

LONDRES (Reuters) - L'industrie européenne de la gestion monétaire est prise en tenaille entre la menace de taux d'intérêt négatifs et de nouvelles contraintes réglementaires qui risquent de la mener au bord de la disparition.

Les fonds monétaires gèrent environ 850 milliards d'euros d'actifs investis dans des titres à court terme dont les notes ne sont pas inférieures à la catégorie investissement mais ils peinent à dégager des profits dans un environnement de taux déjà proches de zéro.

Sur les 1.555 fonds recensés au début de 2011, près de 400 ont déjà fermés et l'éventualité du passage en territoire négatif du taux de la facilité de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE) augure mal de l'avenir de ceux qui restent.

Certes, les fonds monétaires n'ont pas accès à la facilité de dépôt de la BCE, mais le passage en territoire négatif du taux servi sur les fonds qui y sont déposés par les banques de la zone euro aurait pour effet d'accentuer les pressions à la baisse sur les taux courts, compliquant un peu plus encore la tâche des gérants monétaires.

"Cela pourrait bien être le dernier clou dans le cercueil des fonds monétaires", prévient Patrick Siméon, responsable de la gestion monétaire d'Amundi.

"Le fait que nous puissions encore capter une prime de crédit sur les émetteurs non souverains signifie que nous parvenons encore à dégager un rendement positif."

"Si la banque centrale passe en territoire négatif, nous n'aurons plus aucune chance d'atteindre cet objectif."

Les fonds monétaires ont enregistré une décollecte nette de 57 milliards d'euros cette année.   Suite...

 
L'industrie européenne de la gestion monétaire est prise en tenaille entre la menace de taux d'intérêt négatifs et de nouvelles contraintes réglementaires qui risquent de la mener au bord de la disparition. Ces fonds gèrent environ 850 milliards d'euros d'actifs investis dans des titres à court terme et peinent à dégager des profits. /Photo d'archives/REUTERS/Peter Andrews