Le secteur automobile espagnol prospère mais doit se repenser

vendredi 22 novembre 2013 18h05
 

par Sonya Dowsett

MARTORELL, Espagne (Reuters) - À l'heure où l'industrie automobile européenne en crise commence à peine à entrevoir la lumière au bout du tunnel, les usines d'assemblage espagnoles tournent à plein régime et des emplois sont créés.

Malgré les années de récession et de mesures d'austérité qui ont plombé son économie, l'Espagne a tenu son rang de deuxième producteur automobile européen et résisté à la concurrence de plus en plus sévère des pays où les coûts sont moins élevés, comme la République tchèque.

Mais si elle veut que cette situation perdure, mettent en garde les professionnels du secteur, il va falloir développer les activités de recherche et développement, mais aussi que l'Etat améliore le réseau de transport de fret, en dépit de ses difficultés budgétaires.

Pour l'heure, le temps est au beau fixe. Dans un pays où le taux de chômage dépasse 26%, les chaînes de production de la plus grande usine espagnole semblent tout droit venues d'une autre planète.

À Martorell, près de Barcelone, le siège de Seat, la filiale espagnole du groupe Volkswagen, pas moins de cinq modèles de voiture sont assemblés, dont l'Ibiza et la Leon, et la production a augmenté de 7% l'an dernier.

"Personne ne parle de chômage technique ici et il n'y a eu aucun licenciement", se réjouit Pedro Pastor, un ouvrier de 30 ans qui travaille depuis une décennie pour Seat. "Je peux faire la comparaison avec mes amis (à l'extérieur), dont beaucoup sont au chômage et n'arrivent pas à trouver un emploi."

A l'instar du Mexique, qui inonde presque tout le continent américain de voitures produites sur son territoire, l'Espagne tire son épingle du jeu en ciblant les marchés plus prospères de l'Union européenne et en maintenant des coûts de production peu élevés.

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