Les marchés intègrent enfin le double message de la Fed

vendredi 22 novembre 2013 10h12
 

par Ann Saphir

SAN FRANCISCO (Reuters) - Après des mois de malentendus, Wall Street intègre enfin le message de la Réserve fédérale: réduire le programme d'assouplissement quantitatif n'équivaut pas à durcir la politique monétaire.

Alors même que la banque centrale américaine s'apprête à réduire ses rachats massifs de dette, probablement dans le courant du premier trimestre 2014, les futures sur les taux à court terme montent, repoussant les anticipations de hausse du taux des fed funds plus tard dans l'année 2015.

Au vu des futures, les traders ne voient pas la Fed relever les coûts d'emprunt à court terme avant juillet 2015 au plus tôt.

Fin mai au contraire, quand Ben Bernanke, le président de la Fed, avait pour la première fois évoqué un ralentissement des rachats d'actifs "lors des prochaines réunions", les rendements obligataires avaient grimpé à l'unisson, toutes maturités confondues, et certains anticipaient une hausse de taux dès octobre 2014, ce que même les faucons de la Fed n'envisageaient.

Il y a deux mois encore, quand la banque centrale a surpris les marchés en maintenant ses rachats d'obligations à 85 milliards de dollars par mois, les traders tablaient sur un début de cycle de hausse des taux à partir de janvier 2015.

L'évolution des anticipations est une bonne nouvelle pour les responsables monétaires américains, dont la principale préoccupation était une réaction exagérée des marchés qui risquait de miner la reprise toujours fragile.

Cette inquiétude est l'une des raisons qui a motivé le statu quo surprise de septembre.

"Après ce qui s'est passé (...), je crois que la Fed avait conscience qu'il lui fallait faire passer le message que la réduction des rachats d'actifs (tapering) n'était pas synonyme de resserrement monétaire", observe Millan Mulraine, économiste chez TD Securities in New York.   Suite...

 
Un trader à Wall Street. Après des mois de malentendus, Wall Street intègre enfin le message de la Réserve fédérale: réduire le programme d'assouplissement quantitatif n'équivaut pas à durcir la politique monétaire. /Photo prise le 18 novembre 2013/REUTERS/Lucas Jackson