21 novembre 2013 / 08:24 / dans 4 ans

Le spectre de la récession revient hanter l'exécutif

LES INDICES PMI EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Les indicateurs économiques publiés jeudi font réapparaître le spectre d‘une rechute en récession de la France fin 2013, un risque nuancé par plusieurs économistes mais qui compliquerait encore l‘équation politique et budgétaire du gouvernement, s‘il se concrétisait.

La chute inattendue des indices PMI français montrent aussi une accentuation de l‘écart de performance avec l‘Allemagne, à un moment où les deux premières économies européennes peinent à s‘accorder sur la façon de retrouver la croissance dans la zone euro.

Pour la France, “la faiblesse de ces chiffres suggère que le produit intérieur brut pourrait chuter à nouveau au cours du dernier trimestre de l‘année”, déclare Chris Williamson, économiste en chef de Markit, l‘éditeur de ces indices, qui anticipe un recul de 0,2% du PIB français sur la période octobre-décembre.

Un chiffre négatif pour la croissance au quatrième trimestre ferait replonger la France en récession, l‘économie s‘étant déjà contractée au troisième trimestre (-0,1%).

Tout en la qualifiant de mauvaise, plusieurs économistes ont nuancé cette publication, en soulignant que ces indices n‘étaient pas d‘une grande exactitude pour prévoir le PIB.

“C‘est une mauvaise nouvelle, la faible performance du secteur manufacturier suggère en particulier que les exportations souffrent encore d‘une compétitivité insuffisante”, estime Dominique Barbet, chez BNP Paribas.

Cependant, ajoute-t-il, “nous ne sommes pas excessivement inquiets car ces indices ont échoué à prédire la croissance du PIB au deuxième trimestre tout comme son ralentissement au troisième”. Cette publication conforte sa prévision d‘une croissance modérée au quatrième trimestre, pour lequel il prévoit +0,2%, l‘Insee et la Banque de France anticipant +0,4%, poursuit-il.

Selon Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode, ces chiffres sont cohérents avec un profil d‘activité en tôle ondulée, l‘institut de conjoncture prévoyant une croissance du PIB de 0,3% au quatrième trimestre.

Cette publication pourrait être une nouvelle preuve de la divergence entre les économies allemande et française, souligne-t-il par ailleurs.

“Les indices PMI français sont très décevants, mais attention aux commentaires de Markit (‘risque de récession’)”, écrit sur Twitter Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit agricole, soulignant que d‘autres indicateurs sont plus mitigés.

Le recul des indices français a contribué à porter ceux de la zone euro à un niveau plus bas que la plus basse des prévisions des 22 économistes interrogés par Reuters, malgré une performance allemande meilleure qu‘attendu.

En France, l‘indice combinant industrie et services est retombé dans la zone signalant une contraction en novembre, selon la première estimation publiée ce jeudi.

L‘indice des services a reculé à un plus bas de quatre mois, retombant en zone signalant une contraction, à un niveau très inférieur au consensus des économistes.

Dans le secteur manufacturier, la contraction s‘est accentuée, l‘indice reculant à un plus bas de six mois, lui aussi loin des estimations des économistes.

Dans ses textes budgétaires, le gouvernement a retenu une prévision de croissance de 0,1% du PIB en 2013, jugée prudente par les instituts de conjoncture, ce qui devrait limiter l‘impact d‘une éventuelle panne de croissance au quatrième trimestre.

Ses marges de manoeuvres sont cependant très faibles - et même inexistantes selon la Commission européenne - s‘il veut respecter son engagement de ramener le déficit public sous 3% du PIB fin 2015.

Sur le front politique, l‘exécutif, déjà très impopulaire, verrait son discours sur le retour de la croissance et l‘inversion prochaine de la courbe du chômage encore davantage fragilisé, à quelques mois d‘élections municipales et européennes qui s‘annoncent compliquées pour la majorité.

Les entreprises ne devraient dans ce contexte pas connaître de répit, avec des défaillances qui atteindront un niveau historiquement élevé cette année, sans réelle amélioration l‘an prochain, selon l‘assureur-crédit Coface.

Jean-Baptiste Vey, édité par Marc Joanny

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