Le soin, un marché semé d'embûches pour les groupes de luxe

lundi 18 novembre 2013 20h18
 

par Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Burberry espère s'imposer dans les soins de beauté et faire jeu égal avec des marques telles que Chanel et Christian Dior, mais le groupe de luxe se lance sur un marché déjà bien encombré en dépit d'alléchantes perspectives en Asie.

Nombre de groupes de luxe ont échoué à imposer leurs crèmes pour la peau, tandis qu'il a fallu à Dior et Chanel des décennies et des dizaines de millions d'euros d'investissements en recherche et développement pour asseoir leur notoriété.

"Le parfum est la première étape dans le monde de la beauté pour une marque de mode. Ensuite, elle peut se lancer dans le maquillage. Mais toutes les marques de mode ne peuvent entrer dans le monde des crèmes de soin", résume Jean Mortier, président de Coty Prestige (groupe Coty) qui réalise des "jus" pour Marc Jacobs, Chloé ou encore Calvin Klein.

Burberry a déclaré qu'il ne créerait pas ses propres laboratoires de recherche mais travaillerait avec des "professionnels de la chaîne d'approvisionnement" existants. Pour autant, le groupe prendra son temps pour élaborer sa gamme de soins et aucun lancement n'est prévu avant au moins un an.

Chez Dior, qui a commencé à vendre du parfum en 1947 avec Miss Dior et des crèmes de soins il y a 40 ans avec Hydra Dior, les ventes annuelles estimées des produits de beauté atteignent 1,8 milliard d'euros, davantage que les vêtements et accessoires (1,3 milliard de chiffre d'affaires).

Burberry, qui a rapatrié il y a six mois ses parfums dans son périmètre, prévoit un résultat opérationnel de son activité beauté de 10 millions de livres sterling (12 millions d'euros) cette année, loin des 25 millions anticipés précédemment sur un chiffre d'affaires de 140 millions de sterling, en raison notamment de coûts d'investissements plus élevés que prévu.

SAVOIR-FAIRE SCENTIFIQUE

Pour les maisons de mode, il est plus délicat de se faire une place dans les crèmes de soins que dans les parfums et le maquillage, car le savoir-faire scientifique entre en jeu.   Suite...