Les banques centrales sont en train de changer d'ADN

dimanche 3 novembre 2013 16h34
 

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les banques centrales sont en train de "changer d'ADN" et leurs politiques monétaires sont entrées, sous la contrainte de la crise, dans une phase de bouleversement durable qui ne se limite pas à la seule question des stratégies de sortie, estiment des responsables de deux sociétés de gestion interrogés par Reuters.

La semaine qui s'ouvre sera, pour les marchés financiers, dominée par la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), les derniers indicateurs macroéconomiques confirmant l'extrême fragilité de la reprise et l'absence totale d'inflation (+0,7% sur un an en octobre) en zone euro, ce qui alimente des anticipations de baisse des taux.

De leur côté, la Fed et la Banque du Japon ont décidé ces derniers jours de prolonger leur politique d'assouplissement quantitatif ou "quantitative easing" (QE) qui consiste à acheter massivement des actifs, obligations d'Etat et hypothécaires pour la Fed, obligations et actions pour la BOJ.

"Le thème de la normalisation des politiques monétaires est un faux ami pour des raisons à la fois conjoncturelles et structurelles", juge Pascal Blanqué, directeur des investissements (CIO) chez Amundi, numéro un de la gestion d'actifs en France. Face aux risques déflationnistes, le Japon et l'Europe vont, selon lui, faire plutôt plus que moins de QE.

La BCE ne procède pas à des achats massifs d'actifs mais elle peut baisser son taux principal, le refi (aujourd'hui à 0,5%) ou procéder comme à la fin 2011 à une opération de refinancement à long terme (LTRO à 3 ans), ajoute-t-il.

FIN DU MODÈLE VOLCKER

Etienne Gorgeon, CIO chez Tikehau Investment Management, estime lui aussi que les banques centrales ne peuvent pas arrêter totalement le QE même si la Fed, bien que confrontée à une croissance sans emploi et sans inflation, peut être amenée à réduire ses rachats d'obligations (85 milliards de dollars par mois pour l'instant).

Il explique que les montagnes de liquidités qui ont été déversées depuis cinq ans par les banques ont profité aux marchés financiers, notamment aux actifs risqués, actions et obligations d'entreprises, et non à l'économie réelle.   Suite...

 
Les politiques monétaires des banques centrales sont entrées, sous la contrainte de la crise, dans une phase de bouleversement durable qui ne se limite pas à la seule question des stratégies de sortie, estiment des responsables de deux sociétés de gestion interrogés par Reuters. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel