29 octobre 2013 / 15:25 / il y a 4 ans

Londres veut lancer le premier sukuk en Occident

Le Premier ministre David Cameron au Forum économique du monde islamique, à Londres. La Grande-Bretagne veut devenir le premier pays occidental à émettre un emprunt souverain sukuk, autrement dit un emprunt obéissant aux préceptes de l'islam. /Photo prise le 29 octobre 2013/REUTERS/Luke MacGregor

par Bernardo Vizcaino

LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne veut devenir le premier pays occidental à émettre un emprunt souverain sukuk, autrement dit un emprunt obéissant aux préceptes de l‘islam, a fait savoir mardi le Premier ministre britannique David Cameron.

L‘émission de 200 millions de livres (233 millions d‘euros), prévue l‘an prochain, sera bien inférieure à ce qui était envisagé au départ mais elle constituera un apport précieux pour les six établissements financiers islamiques de Grande-Bretagne et elle pourrait encourager les entreprises locales à se lancer elles-mêmes dans les sukuks.

Londres avait annoncé un projet de sukuk voici cinq ans mais l‘Office de gestion de la dette britannique avait jugé sa structure trop onéreuse.

La nouvelle émission représente moins de 10% de l‘original et a plus pour objectif de renforcer le statut de la place financière londonienne que d‘élargir la base des investisseurs en Grande-Bretagne.

“Notre ambition est claire: faire de la Grande-Bretagne le premier souverain à émettre un emprunt islamique en dehors du monde islamique”, déclare le ministre des Finances George Osborne dans les colonnes du Financial Times.

Les sukuks sont des certificats d‘investissement qui obéissent à certains principes religieux comme l‘interdiction des intérêts et de la spéculation.

Le secteur bancaire islamique mondial devrait dépasser les 1.800 milliards de dollars d‘ici la fin de l‘année, selon le consultant Ernst & Young. Il commence à susciter l‘intérêt des banques occidentales en raison du développement rapide des échanges impliquant les riches économies du Golfe.

La Malaisie, première place mondiale des sukuks, tente de diversifier sa clientèle d‘émetteurs, tandis que Dubaï remodèle sa législation pour attirer les émissions et le trading de sukuks.

Londres, base européenne de plusieurs banques du Moyen-Orient, a mis en place le cadre juridique ad hoc pour tenter une percée et a déjà attiré pour plus de 34 milliards de dollars de cotations de sukuks ces cinq dernières années, sans que cela encourage pour autant à la création d‘un marché primaire en Grande-Bretagne même.

Le London Stock Exchange a de son côté annoncé un projet d‘indice islamique regroupant des sociétés obéissant aux préceptes de l‘islam, dont le statut se rapproche peu ou prou de celui des entreprises socialement responsables.

Des investissements islamiques ont déjà contribué à financer de gros projets londoniens, comme le gratte-ciel Shark et le Village olympique.

Quant au Forum économique du monde islamique, il tient sa neuvième conférence annuelle à Londres cette semaine, étant ainsi abrité pour la première fois par un pays non musulman.

Avec Shadi Bushra, Marie-Louise Gumuchian et Christina Fincher, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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