PSA décroche à son tour un accord de compétitivité

jeudi 24 octobre 2013 18h18
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a signé jeudi son "contrat social" avec les syndicats, dernière entreprise en date à obtenir des concessions sur les salaires et la flexibilité du travail pour tenter de conserver une base compétitive en France.

Le mouvement, amorcé depuis plusieurs mois dans l'automobile essentiellement, traduit une volonté croissante des entreprises, mais aussi des partenaires sociaux, d'anticiper les difficultés économiques pour préserver au maximum l'activité et l'emploi.

"Contrairement aux accords de crise de 2008 et 2009, où la principale mesure était la réduction des effectifs, on est ici dans une modification des conditions de travail plus structurelle, et pas seulement à l'échelle d'un site ou d'une usine, mais à l'échelle d'un groupe entier", souligne Philippe Barrier, analyste à la Société générale.

"Aujourd'hui, la situation économique fait qu'il est plus facile d'obtenir de tels compromis. La France est confrontée à une concurrence accrue. L'Espagne, où des accords de ce type ont également été signés, redevient compétitive et réembauche, au détriment de l'Europe du Nord."

Moins de six mois après avoir lancé un vaste plan social en France pour faire face à ses difficultés financières, PSA avait prévenu en janvier que cela ne suffirait pas à pérenniser son activité dans le pays et qu'il lui faudrait négocier pour accroître sa compétitivité. L'accord signé jeudi pour trois ans par quatre des six syndicats du groupe prévoit un quasi-gel des salaires en 2014 et une plus grande flexibilité dans les cadences et les mobilités.

En échange, PSA a promis de conserver tous ses sites français et d'augmenter sa production de véhicules en France.

ÉVITER D'AUTRES 'AULNAY'

Cet accord emboîte le pas à celui conclu sur le site PSA de Sevelnord (Nord) en 2012 mais surtout à l'accord obtenu en mars par Renault, qui a promis d'allouer à ses sites français des productions supplémentaires - la Micra de Nissan sera fabriquée à Flins (Yvelines) - en contrepartie d'un gel des salaires et d'une augmentation du temps de travail.   Suite...

 
Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën Philippe Varin (à droite) et deux délégués syndicaux, Franck Don (à gauche) de la CFDT et Christian Lafaye de FO. PSA Peugeot Citroën a signé jeudi son "contrat social" avec les syndicats, dernière entreprise en date à obtenir des concessions sur les salaires et la flexibilité du travail pour tenter de conserver une base compétitive en France. /Photo prise le 24 octobre 2013/REUTERS/Philippe Wojazer