Londres et EDF relancent le nucléaire après Fukushima

dimanche 20 octobre 2013 17h42
 

par Geert De Clercq et Benjamin Mallet

PARIS/LONDRES (Reuters) - L'officialisation attendue lundi d'un projet de nouvelle centrale en Grande-Bretagne porté par EDF et des groupes chinois marquera un succès majeur pour l'industrie nucléaire après la catastrophe de Fukushima de mars 2011, estiment des experts du secteur.

Selon la presse, Londres et EDF dévoileront un accord permettant à l'électricien public français et à ses partenaires de construire deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point, dans le Somerset (sud-ouest de l'Angleterre), un projet estimé à près de 16,5 milliards d'euros et le premier de ce type en Europe depuis Fukushima.

Le groupe français a fait savoir dimanche que son PDG Henri Proglio donnerait une web-conférence sur le sujet lundi à 8h00.

Selon les informations qui ont filtré, le consortium en charge du projet serait détenu à 45% ou 50% par EDF, à 30% à 40% par China General Nuclear Power Group -avec lequel l'électricien français construit déjà deux EPR en Chine- et China General Nuclear Power, ainsi qu'à 10% par le français Areva, fabricant de l'EPR.

EDF et Londres se seraient en particulier entendus sur un mécanisme d'un nouveau type établissant sur 35 ans un prix fixe de l'électricité produite par la future centrale qui atteindrait 92,5 livres sterling par mégawatt/heure (MWh), soit le double du prix actuel sur le marché de gros.

"C'est important pour le nucléaire, parce qu'on décide de construire, après Fukushima, deux centrales nucléaires en Europe", relève Colette Lewiner, spécialiste du secteur de l'énergie chez Capgemini.

"Et c'est important pour l'EPR parce qu'on a dit qu'il était trop gros, qu'il ne se vendrait jamais, et on prouve le contraire", a-t-elle ajouté.

George Borovas, spécialiste du nucléaire international pour le cabinet d'avocats Pillsbury, souligne cependant que le contexte est idéal aujourd'hui en Angleterre pour l'industrie nucléaire.   Suite...

 
Pour les experts du secteur, l'officialisation d'un projet de nouvelle centrale en Grande-Bretagne porté par EDF et des groupes chinois marquera un succès majeur pour l'industrie nucléaire après la catastrophe de Fukushima de mars 2011./Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier