L'Etat se défend de céder à un chantage à l'emploi de TF1

vendredi 18 octobre 2013 12h24
 

par Constance De Cambiaire et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti s'est défendu jeudi d'avoir cédé à un chantage à l'emploi de TF1 qui menace de fermer sa chaîne d'informations LCI s'il n'obtient pas son passage en gratuit.

Une commission mixte paritaire a validé cette semaine le projet de loi relatif à l'indépendance de l'audiovisuel public dont une disposition donne au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la possibilité nouvelle d'autoriser le passage d'une chaîne du payant au gratuit.

Cette disposition a été rebaptisée "amendement LCI" du nom de la chaîne d'information en continu du groupe TF1 qui n'a cessé de perdre du terrain ces dernières années face à ses concurrentes du gratuit BFM TV (groupe NextRadioTV) et i>TÉLÉ (groupe Canal+, filiale de Vivendi).

Le PDG de TF1 Nonce Paolini a menacé fin septembre de fermer la chaîne qui emploie autour de 200 personnes s'il n'obtenait pas l'autorisation de la transformer en chaîne gratuite.

"Nous ne réagissons pas à un chantage à l'emploi", a déclaré Aurélie Filippetti lors d'un déjeuner de l'Association des journalistes médias (AJM).

Elle a refusé de dire si elle était favorable au passage de la chaîne en clair mais a justifié une nouvelle fois la possibilité donnée au gendarme de l'audiovisuel de permettre le changement de modèle économique d'une chaîne de télévision.

"Je trouve que c'est bien qu'ils (le CSA) puissent le faire car la situation de LCI ne peut pas nous laisser indifférents", a expliqué la ministre en rappelant que le texte encadrait la prise de décision du CSA qui doit notamment tenir compte de l'équilibre économique du secteur.

La volonté de TF1 de transformer LCI en chaîne gratuite soulève un certain nombre d'interrogations quant à sa mise en oeuvre et aux motivations réelles de la filiale du groupe Bouygues.   Suite...

 
La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti s'est défendu jeudi d'avoir cédé à un chantage à l'emploi de TF1 qui menace de fermer sa chaîne d'informations LCI s'il n'obtient pas son passage en gratuit. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau