Entrer dans PSA, une course d'obstacles pour l'Etat

mardi 15 octobre 2013 13h26
 

par Matthieu Protard et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Pour l'Etat, une entrée au capital de PSA Peugeot Citroën parallèlement au groupe chinois Dongfeng relève d'un double défi: être compatible avec les règles européennes de la concurrence et être en cohérence avec la politique industrielle prônée par François Hollande.

A l'heure où le gouvernement insiste sur les "investissements d'avenir", les difficultés financières du constructeur automobile risquent de le contraindre à endosser le costume du pompier pour secourir une nouvelle fois le groupe un an après avoir apporté une garantie publique de 7 milliards d'euros à sa filiale bancaire Banque PSA Finance.

"PSA se trouve dans une situation dramatique du point de vue financier avec un actionnaire majoritaire, la famille Peugeot, qui ne peut pas lui apporter les financements nécessaires à son redressement", souligne Elie Cohen, économiste au CNRS. "Il faut donc envisager sérieusement un changement d'actionnaire majoritaire."

Selon des sources proches du dossier, l'Etat français et Dongfeng renfloueraient ensemble PSA à hauteur de trois milliards d'euros et deviendraient actionnaires du groupe à hauteur de 20% à 30% chacun. L'Etat, malgré une dilution possible de l'actionnariat de la famille Peugeot, serait un contrepoids qui assurerait l'ancrage français du constructeur.

Dans ce scénario, l'Etat, déjà actionnaire de Renault avec 15% du capital, se heurtera à des risques de conflits d'intérêts.

"Le risque de conflit d'intérêt peut être géré simplement en nommant des représentants au sein d'entreprises concurrentes et en faisant en sorte que ces représentants n'aient pas de liens entre eux", relève Elie Cohen.

"Lorsqu'il est actionnaire minoritaire, ce qui est le cas chez Renault et ce qui serait le cas chez Peugeot, l'Etat a toujours été dans un rôle passif", rappelle-t-il aussi, notant que les autorités françaises ne se sont jamais opposées aux délocalisations menées chez Renault.

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Pour l'Etat, une entrée au capital de PSA Peugeot Citroën parallèlement au groupe chinois Dongfeng relève d'un double défi: être compatible avec les règles européennes de la concurrence et être en cohérence avec la politique industrielle prônée par François Hollande. /Photo prise le 15 mai 2013/REUTERS/Gonzalo Fuentes