PSA, un montage qui va au-delà d'une simple injection de cash

lundi 14 octobre 2013 20h48
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Pour apporter une solution pérenne à PSA Peugeot Citroën, une entrée de l'Etat français et du chinois Dongfeng au capital du constructeur automobile devra pallier les lacunes de l'alliance avec General Motors et ne pas faire capoter la restructuration en cours.

PSA devra aussi rassurer les investisseurs sur le moment choisi pour cette levée de fonds, trois milliards d'euros d'ici la fin de l'année selon des informations obtenues vendredi par Reuters.

La perspective d'une augmentation de capital semblait jusqu'ici plus lointaine, PSA ayant affiché à la fin du premier semestre une sécurité financière en hausse à 11,8 milliards d'euros. Des analystes voient dans cette accélération du calendrier, soit une opportunité pour le groupe de frapper fort pour assurer sa remise sur les rails, soit le signe d'une nouvelle dégradation de sa trésorerie.

"Les investisseurs avaient été rassurés en juillet de voir que le 'cash burn' n'était pas aussi grave qu'ils le redoutaient. Une augmentation de capital aussi importante, si tel est le projet, pourrait potentiellement signaler que PSA n'est pas à l'aise avec son objectif actuel de consommation de cash", commente le cabinet d'études ISI.

Fin juillet, la direction de PSA a assuré que la consommation de free cash flow serait réduite de plus de moitié cette année, à 1,5 milliard d'euros, puis encore sensiblement diminuée en 2014 avant un retour à l'équilibre. Interrogé lundi sur cet objectif, PSA a refusé de faire un commentaire, renvoyant à la publication de son chiffre d'affaires du troisième trimestre le 23 octobre.

"Il est clair que l'entreprise sent maintenant qu'il lui faut augmenter à nouveau son intensité capitalistique pour rester dans la course avec ses rivaux dont les produits -et donc les marges- s'améliorent en relation directe avec leur niveau de dépenses", commente Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital.

"Avec des investissements à seulement 3% du chiffre d'affaires, Peugeot se retrouve immédiatement désavantagé par rapport à Volkswagen, qui y a consacré 7% sur le trimestre écoulé."

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