Dix groupes veulent l'arrêt des aides de l'UE aux renouvelables

vendredi 11 octobre 2013 18h10
 

par Geert De Clercq

BRUXELLES (Reuters) - Les patrons de dix groupes d'énergie demandent l'arrêt des subventions européennes à l'éolien et au solaire, estimant que ces moyens de production viennent s'ajouter à un marché déjà excédentaire et ont organisé vendredi une conférence de presse sans précédent à Bruxelles pour faire valoir leurs arguments.

Ils demandent également la mise en place à l'échelle de l'Europe d'un mécanisme de capacités -qui permettrait de rémunérer les centrales lorsqu'elles ne fonctionnent pas- et appellent l'Union à revoir sa politique de lutte contre les gaz à effet de serre, ce qui passe par un prix élevé du carbone.

Le groupe informel qui s'est constitué au printemps représente au total la moitié des capacités électriques européennes. Il inclut le français GDF Suez, l'allemand E.ON, l'espagnol Iberdrola et l'italien Enel.

En médiatisant leur position, ces dix patrons espèrent influencer les décisions des dirigeants européens avant la tenue d'un sommet sur l'énergie début 2014, en faisant notamment valoir que l'éolien et le solaire sont désormais des industries matures qui n'ont plus besoin de subventions.

"La politique énergétique européenne va dans le mur", a déclaré à la presse le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet, à l'origine du groupement baptisé Magritte car constitué lors d'une réunion dans le musée bruxellois dédié à l'artiste.

Les dix dirigeants soulignent que les prix de gros de l'électricité ont chuté de moitié depuis la crise de 2008 alors que les tarifs appliqués aux consommateurs sont restés proches de leurs niveaux record, avec une hausse en quatre ans de 17% pour les ménages et de 21% pour les industriels.

Ils font également valoir que des subventions excessives ont entraîné des investissements massifs dans l'éolien et le solaire, qui ont des accès prioritaires aux réseaux à des prix fixes et supérieurs à ceux du marché et plombent la rentabilité des centrales thermiques.

"Dans des secteurs comme l'acier, l'automobile et le raffinage, où il existait des surcapacités, il y a eu des fermetures. Mais dans le secteur de l'énergie, nous avons massivement subventionné des capacités supplémentaires dans le solaire et l'éolien, ce qui nous a conduits dans la situation absurde dans laquelle nous sommes aujourd'hui", a estimé Gérard Mestrallet.   Suite...

 
Les patrons de dix groupes d'énergie demandent l'arrêt des subventions européennes à l'éolien et au solaire, estimant que ces moyens de production viennent s'ajouter à un marché déjà excédentaire. Le français GDF Suez, l'allemand E.ON, l'espagnol Iberdrola et l'italien Enel font notamment partie de ce groupe informel qui représente au total la moitié des capacités électriques européennes. /Photo d'archives/REUTERS/Sergio Perez