Rome vole au secours d'Alitalia mais pose ses conditions

vendredi 11 octobre 2013 15h40
 

par Steve Scherer et Valentina Consiglio

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a offert jeudi un soutien financier à Alitalia mais en exigeant en contrepartie que les actionnaires existants de la compagnie aérienne mettent aussi au pot et que l'entreprise change radicalement de stratégie.

Alitalia a besoin de 500 millions d'euros pour éviter une cessation de paiement et la compagnie pétrolière Eni a menacé d'arrêter de l'approvisionner en kérosène dès ce week-end si un plan de sauvetage n'est pas sur la table.

Poste Italiane, le groupe public postal qui contrôle la compagnie charter Mistral Air, participera à l'augmentation de capital, a fait savoir le gouvernement dans un communiqué.

Alitalia, créée en 1946 et privatisée en 2008, n'a plus été bénéficiaire depuis 2002 et croule sous un endettement d'un milliard d'euros.

Le gouvernement a réaffirmé qu'il considérait la compagnie comme un actif stratégique, mais en échange de son soutien, il attend des actionnaires -dont le premier d'entre eux, Air France KLM- qu'ils partagent le fardeau de l'augmentation de capital.

Le communiqué n'a fourni aucun élément d'ordre financier mais a assuré que si Alitalia mettait en oeuvre un changement radical de stratégie, le gouvernement se tiendrait prêt à contribuer avec des "instruments stratégiques et financiers."

Des sources au fait du dossier avaient auparavant indiqué que l'Etat injecterait 150 millions d'euros dans la compagnie, autant que les actionnaires existants, tandis que les banques apporteraient une ligne de crédit de 200 millions -l'aide totale revenant ainsi à 500 millions d'euros.

La contribution de l'Etat se ferait pour 75 millions via Poste Italiane et, pour le reste, sous la forme de garanties de crédit.   Suite...

 
Le gouvernement italien a offert jeudi un soutien financier à Alitalia mais en exigeant en contrepartie que les actionnaires existants de la compagnie aérienne mettent aussi au pot et que l'entreprise change radicalement de stratégie. /Photo prise le 10 octobre 2013/REUTERS/Alessandro Garofalo