L'Italie cherche à épargner à Alitalia une cessation de paiement

jeudi 10 octobre 2013 17h31
 

par Agnieszka Flak et Alberto Sisto

ROME/MILAN (Reuters) - Le gouvernement italien s'efforçait jeudi d'éviter à Alitalia une cessation de paiement humiliante après l'avertissement lancé par les syndicats de la compagnie aérienne et la menace du pétrolier Eni d'interrompre l'approvisionnement en kérosène.

Alitalia a repoussé à vendredi la réunion de son conseil d'administration initialement prévue ce jeudi. Une porte-parole du groupe a refusé de préciser la raison de ce report, qui donne au gouvernement d'Enrico Letta un peu de répit pour tenter de convaincre une autre entreprise italienne de mettre la main au portefeuille.

Déficitaire depuis 2002, Alitalia a besoin d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros et d'une ligne de crédit de 200 millions supplémentaires pour poursuivre ses activités, ont déclaré les syndicats du groupe mercredi après une réunion avec la direction.

Enrico Letta, qui rechigne à voir une entreprise considérée comme un actif national stratégique faire faillite ou tomber entre des mains étrangères, cherche à conclure un accord par lequel une autre société à capitaux publics pourrait venir en aide à Alitalia.

Mais la principale inconnue du dossier porte sur les intentions d'Air France-KLM, qui détient 25% du capital de la compagnie italienne depuis 2008. A l'époque, le président du Conseil d'alors, Silvio Berlusconi, avait fait barrage à une prise de contrôle d'Alitalia par le groupe franco-néerlandais en orchestrant la constitution d'un groupe de 21 investisseurs toujours présents au tour de table.

Depuis cinq ans, Alitalia a perdu en moyenne 700.000 euros par jour et est devenue le symbole du malaise économique italien, conjuguant mauvaise gestion et ingérences politiques.

Désormais, le gouvernement Letta et les autres actionnaires italiens semblent prêts à laisser Air France-KLM monter au capital, voire prendre le contrôle de la compagnie "nationale", mais aucun n'accord n'a été conclu sur les conditions posées par le franco-néerlandais, ni sur la stratégie future.

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Le gouvernement italien s'efforçait jeudi d'éviter à Alitalia une cessation de paiement humiliante après l'avertissement lancé par les syndicats de la compagnie aérienne et la menace du pétrolier Eni d'interrompre l'approvisionnement en kérosène. /Photo prise le 9 octobre 2013/REUTERS/Max Rossi