L'Italie et l'investissement étranger, une relation ambivalente

lundi 7 octobre 2013 22h09
 

par Lisa Jucca

MILAN (Reuters) - L'Etat italien se charge de reprendre l'un des premiers électriciens du pays pour éviter qu'il ne tombe aux mains d'un étranger, le premier opérateur de télécommunications du pays s'apprête à devenir espagnol et la compagnie aérienne nationale semble destinée à passer sous pavillon français.

Pourtant l'Italie, qui balance souvent entre le laissez faire anglo-saxon et le protectionnisme à la française, veut à tout prix attirer l'investissement étranger, comme en témoigne le déplacement du président du Conseil Enrico Letta à New York le mois dernier, venu promettre moult avantages, notamment fiscaux, aux investisseurs étrangers.

Touchée par une récession qui a ramené les prix des actifs à leurs plus bas niveaux depuis dix ans, l'Italie, dont les entreprises sont en quête désespérée de capitaux frais, offre sans nul doute des opportunités, estiment des économistes.

"Les étrangers viennent parce que c'est bon marché et il vaut mieux voir des étrangers investir dans nos entreprises que pas d'investissement du tout", commente Carlo Stagnaro, du groupe de réflexion Istituto Bruno Leoni.

L'investissement étranger direct en Italie a représenté 12 milliards d'euros en 2012 contre 25 milliards en France et 62 milliards au Royaume-Uni, selon des chiffres de l'Organisation pour la Coopération et le Développement économiques (OCDE).

Longtemps, les investisseurs se sont détournés de l'Italie en raison d'une corruption largement répandue, d'un coût du travail élevé et d'une paperasserie toute-puissante.

Aujourd'hui, ils amorcent un retour prudent dans la péninsule, troisième économie européenne, comme en témoigne le rachat en décembre dernier par General Electric du puissant groupe industriel Avio pour 4,3 milliards de dollars.

On peut encore citer la vente au russe Rosneft d'une participation de 21% dans le raffineur Saras par la famille Moratti, qui pourrait aussi céder le club de football de l'Inter Milan à un magnat indonésien.   Suite...

 
Dans le centre de Milan, capitale économique de l'Italie. L'Etat italien qui balance entre le laissez faire anglo-saxon et le protectionnisme à la française, veut à tout prix attirer l'investissement étranger, comme en témoigne le déplacement du président du Conseil Enrico Letta à New York le mois dernier, venu promettre moult avantages, notamment fiscaux, aux investisseurs étrangers. /Photo prise le 12 septembre 2013/REUTERS/Stefano Rellandini