Un euro fort n'arrange pas les affaires de la BCE

mardi 1 octobre 2013 22h40
 

par Jessica Mortimer et Ana Nicolaci da Costa

LONDRES (Reuters) - Plus d'un an après l'engagement pris par la Banque centrale européenne (BCE) de préserver l'euro à tout prix, le regain de vigueur de la monnaie unique vient contrecarrer sa volonté de conserver une politique monétaire accommodante.

Lorsque son président Mario Draghi a dit la semaine passée que la BCE était prête à proposer à nouveau des prêts à long terme aux banques de la zone euro pour empêcher une montée des taux du marché monétaire, certains y ont vu une tentative déguisée - mais mal calculée - de faire reculer l'euro indirectement.

L'euro tutoyant son meilleur niveau en deux ans sur une base pondérée, les cambistes pensent que Mario Draghi persistera dans ses propos, sans trop d'effet sur la monnaie unique toutefois.

Une économie qui va mieux, l'engagement de la BCE pris l'an passé à l'égard de la monnaie unique et la décision le mois dernier de la Réserve fédérale de ne pas toucher à ses rachats d'actifs sont autant d'éléments de soutien de l'euro.

"La BCE n'apprécie ni la vigueur de l'euro ni la poussée des taux du marché et je pense qu'elle va hausser le ton", dit Jane Foley, stratège changes de Rabobank. "Cette année est différente des précédentes, on peut vraiment parler d'une résistance de l'euro".

La BCE a décidé d'imiter la Fed en juillet dernier en fournissant des indications préliminaires sur l'évolution future des taux ("forward guidance") pour freiner une hausse des taux du marché monétaire, déclarant que les taux d'intérêt resteraient bas pour un période prolongée.

Cette inflexion est apparue lorsque la perspective de voir la Fed dénouer progressivement sa politique de rachats d'actifs a précisément fait monter les taux monétaires.

Lorsque la Fed a observé le statu quo sur cette politique, les taux du marché monétaire de la zone euro sont tombés à des plus bas de six mois. Quelques jours après, Mario Draghi laissait entendre que la BCE était disposée à prêter encore abondamment et toujours à des conditions très favorables.   Suite...

 
Plus d'un an après l'engagement pris par la Banque centrale européenne (BCE) de préserver l'euro à tout prix, le regain de vigueur de la monnaie unique vient contrecarrer sa volonté de conserver une politique monétaire accommodante. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach