29 septembre 2013 / 07:34 / il y a 4 ans

Risque de 'shutdown' après le vote de la Chambre américaine

Sur le smarches du Capitole, à Washington. La Chambre des représentants américaine, dominée par les républicains, a, dans la nuit de samedi à dimanche, ajouté à une loi de financement un amendement qui retarde d'un an la mise en oeuvre de la réforme de l'assurance-maladie connue sous le nom d'"Obamacare", ce à quoi s'oppose Barack Obama. La Chambre des représentants examinait un projet de loi voté vendredi par le Sénat et destiné à assurer jusqu'au 15 novembre le financement des administrations fédérales, afin d'éviter leur fermeture, ou 'shutdown'. /Photo prise le 28 septembre 2013/Jonathan Ernst

par Thomas Ferraro et Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - La Chambre des représentants américaine, dominée par les républicains, a, dans la nuit de samedi à dimanche, ajouté à une loi de financement un amendement qui retarde d'un an la mise en oeuvre de la réforme de l'assurance-maladie connue sous le nom d'"Obamacare", ce à quoi s'oppose Barack Obama.

Ce vote par 231 voix contre 192 renforce la perspective d'une fermeture des services fédéraux pour la première fois depuis dix-sept ans à compter de mardi 1er octobre, début de l'exercice fiscal.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a déclaré que le Sénat, qui ne se réunira pas avant lundi 14h00 (18h00 GMT), n'accepterait pas la remise en cause de l'Obamacare, qui élargit l'assurance-maladie aux plus démunis.

Barack Obama lui-même a prévenu samedi qu'il opposerait son veto à tout projet de loi contenant une telle clause.

La dernière fermeture des services administratifs, du 16 décembre 1995 au 6 janvier 1996, était due à la guérilla budgétaire entre l'administration démocrate de Bill Clinton et les républicains, conduits par le président de la Chambre des représentants d'alors, Newt Gingrich.

La Chambre des représentants examinait un projet de loi voté vendredi par le Sénat et destiné à assurer jusqu'au 15 novembre le financement des administrations fédérales, afin d'éviter leur fermeture, ou 'shutdown'.

Les républicains de la Chambre, poussés depuis des semaines par les membres du Tea Party et de la droite dure, l'ont amendé en y incluant plusieurs dispositions controversées, notamment dans le but d'empêcher le financement pendant un an de la nouvelle loi sur l'assurance-santé, l'un des textes emblématiques de l'administration Obama.

800.000 FONCTIONNAIRES AU CHÔMAGE TECHNIQUE?

En cas de 'shutdown', les dépenses pour les services jugés essentiels, comme ceux touchant à la sécurité nationale, continueront d'être assurées, de même que celles de la sécurité sociale et des caisses de retraite, mais des retards dans les remboursements seront sans doute à prévoir.

Huit cent mille fonctionnaires fédéraux seront mis au chômage technique, avec, en toile de fond, par exemple, la fermeture des musées et des parcs nationaux du pays, ce qui ternirait l'image des Etats-Unis auprès des touristes.

Dans l'avion qui le conduisait en Corée du Sud, le chef du Pentagone, Chuck Hagel, a fustigé la "manière formidablement irresponsable de gouverner" des élus du Congrès, en prévenant que 400.000 employés civils du Pentagone seraient mis en chômage technique en cas de fermeture des administrations fédérales.

Sur la colline du Capitole, les échanges ont également été vifs. Elu démocrate de Georgie, David Scott a accusé les républicains d'avoir été "pris en otage" par le Tea Party.

"Le peuple américain mérite d'avoir le temps d'étudier ce que cette monstruosité provoquera avant qu'on l'applique", a répliqué le républicain John Culberson, élu du Texas, en faisant allusion à l'Obamacare.

Outre les amendements portant sur l'Obamacare, la Chambre des représentants a voté une clause assurant que les militaires recevront toujours leur solde. Les démocrates ont soutenu le texte tout en regrettant que les républicains ignorent au passage la valeur des autres employés fédéraux qui se retrouveraient sans salaire en cas de 'shutdown'.

Le débat budgétaire se double d'inquiétudes liées au plafond de la dette autorisée - 16.700 milliards de dollars - qui, selon le secrétaire au Trésor Jack Lew, serait atteint au plus tard le 17 octobre.

Vu l'atmosphère conflictuelle mise en lumière par le débat budgétaire, on voit mal comment les deux camps pourraient s'entendre sur son relèvement, avec le risque de voir la première économie mondiale se retrouver en situation de défaut de paiement.

Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Henri-Pierre André

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below