La France va amortir sur 50 ans ses réacteurs nucléaires

vendredi 27 septembre 2013 22h37
 

par Marion Douet et Muriel Boselli

PARIS (Reuters) - La France va financer la transition énergétique grâce aux fonds libérés par un nouvel allongement de la durée d'amortissement des centrales nucléaires d'EDF de 40 à 50 ans, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Une porte-parole du ministère de l'Energie souligne toutefois vendredi soir que "l'amortissement sur 50 ans en moyenne des centrales nucléaires est une demande d'EDF".

"L'Etat ne s'est pas prononcé sur ce sujet. Aujourd'hui, seules l'Autorité de sûreté nucléaire et EDF décident de la prolongation des centrales", ajoute-t-elle.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé samedi dernier qu'une partie des gains financiers du parc nucléaire serait mobilisée pour financer la transition énergétique en France, sans donner plus de détails.

Le ministre de l'Energie Philippe Martin a précisé dimanche que cette contribution ne serait pas une taxe et n'impacterait pas les consommateurs, suscitant l'interrogation des professionnels du secteur.

"Ni l'entreprise, ni ses clients ne seront taxés. Grâce aux amortissements sur ses installations, EDF va dégager des sommes qui pourront être utilisées pour financer la transition", a déclaré Philippe Martin au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI.

Selon des sources proches du dossier, EDF, qui entame de lourds investissements sur le parc nucléaire, dispose de suffisamment d'éléments techniques pour justifier dans ses comptes une extension de 10 ans de la durée d'amortissement de ses réacteurs en France.

Ce changement comptable aura mécaniquement pour effet d'accroître le bénéfice distribuable chaque année aux actionnaires et donc potentiellement les dividendes versés à l'Etat, qui contrôle 84% du capital du géant de l'électricité, ajoute-t-on.   Suite...

 
Centrale nucléaire à Saint-Vulbas, près de Lyon. La France va financer la transition énergétique grâce aux fonds libérés par un nouvel allongement de la durée d'amortissement des centrales nucléaires d'EDF de 40 à 50 ans, selon des sources proches du dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier