Le processus d'union bancaire tremble sur ses bases

vendredi 27 septembre 2013 22h37
 

par John O'Donnell et Eva Taylor

BRUXELLES/FRANCFORT (Reuters) - Le projet de la Banque centrale européenne d'éprouver la santé des grandes banques de la zone euro sans capacité à combler les déficits qu'elle décèlera risque de gâter ce que d'aucuns considèrent comme la dernière chance de la zone euro d'en finir avec la crise.

A la différence des Etats-Unis, où des injections de capitaux immédiates ont permis aux banques de récupérer rapidement, la normalisation est plus lente pour le système financier européen, faisant apparaître primordiale une union bancaire sous supervision de la BCE.

"Les Etats-Unis ont tourné la page de leur crise bancaire en 2009", estime Francesco Papadia, ex-responsable des opérations sur les marchés financiers à la BCE. "A présent, la zone euro a l'occasion de faire de même et c'est sans doute la dernière."

Mais la volonté politique de créer une véritable union bancaire n'est plus aussi affirmée avec l'éloignement de la crise. La fin de non-recevoir opposée par l'Allemagne à la création d'un fonds commun qui pourrait voler au secours de n'importe quelle banque en difficulté de la zone euro implique que la BCE se prépare à assumer l'an prochain ses nouvelles attributions sans garde-fous.

L'examen de santé que doit pratiquer la BCE doit être complet et doit obliger les banques à révéler leurs pertes cachées. Il en va de sa réputation et de l'avenir de la zone euro. Mais sans fonds de secours européen, le test risque de se borner à mettre en lumière les problèmes sans offrir de solution convaincante.

"Pour résoudre vraiment le problème de la qualité des actifs, il faut un élément de soutien (backstop). Si on trouve un déficit, il faut pouvoir être sûr de le combler", dit Ronny Rehn, analyste de keefe, Bruyette & Woods (KBW) à Londres. "Si on n'a pas ça, on risque de devoir à nouveau se mentir à soi-même et dire qu'il n'y a pas de problème parce qu'on n'a pas les moyens de le résoudre."

"LOIN D'ÊTRE SATISFAISANT"

La BCE va pratiquer un examen de la qualité des actifs des banques avant de prendre en charge leur supervision, procédure qui pourra servir de modèle à l'Autorité bancaire européenne (ABE) pour éprouver les banques en dehors de la zone euro.   Suite...

 
Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort. Selon des experts, le projet de la BCE d'éprouver la santé des grandes banques de la zone euro sans capacité à combler les déficits qu'elle décèlera est devenu incertain car la volonté politique de créer une véritable union bancaire n'est plus aussi affirmée avec l'éloignement de la crise. /Photo d'archives/REUTERS/Johannes Eisele