Economies et pause fiscale pour les sociétés dans le budget 2014

jeudi 26 septembre 2013 00h18
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a dévoilé mercredi un projet de loi de finances 2014 visant à maintenir la trajectoire de réduction des déficits publics sans porter atteinte autant que possible à la croissance renaissante de l'économie.

Le texte présenté en conseil des ministres prévoit de ramener le déficit public de la France à 3,6% du PIB, soit 0,5 point de moins qu'attendu en 2013, en faisant porter l'effort essentiellement sur les économies et en stabilisant les prélèvements obligatoires pour les entreprises.

Confronté depuis la rentrée à un mouvement de grogne devant le "ras-le-bol fiscal" éprouvé après trois années de forte augmentation des impôts, le gouvernement a nettement atténué les hausses de prélèvements envisagées un temps.

Et il s'est dit ouvert à la prise en compte de certaines des propositions avancées par les parlementaires de la majorité pour soutenir le pouvoir d'achat des ménages les moins fortunés.

Ce faisant, il entend profiter à plein de la marge de manoeuvre que la Commission européenne a concédée à la France en lui donnant deux ans de plus, jusqu'en 2015, pour ramener son déficit public sous 3% du PIB.

L'exécutif européen, qui a ouvert une procédure pour déficit excessif contre Paris, aura son mot à dire sur ce projet de budget que le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, ira défendre en personne jeudi à Bruxelles auprès du commissaire aux affaires monétaires Olli Rehn.

Le déficit de l'Etat français atteindrait 82,2 milliards d'euros en 2014, soit sensiblement plus que celui de 72 milliards attendu cette année. Mais si l'on exclut les "investissements d'avenir", il serait d'environ 70 milliards.

UNE HYPOTHÈSE DE CROISSANCE "PLAUSIBLE"   Suite...

 
Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici (à gauche) et le ministre du Budget Bernard Cazeneuve, au palais de l'Elysee. Le projet de loi de finances pour 2014 prévoit de ramener le déficit public de la France à 3,6% du PIB l'an prochain en faisant porter l'effort essentiellement sur les économies et en stabilisant les prélèvements obligatoires pour les entreprises. Pour bâtir son budget, le gouvernement a retenu une hypothèse de croissance de l'économie française de 0,9% en 2014 après 0,1% cette année, l'inflation accélérant à 1,3% après 0,9%. /Photo prise le 25 septembre 2013/REUTERS/Philippe Wojazer