Le M&A va reprendre un cycle de trois ans...en douceur

vendredi 20 septembre 2013 17h41
 

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La reprise tant attendue des opérations de fusions-acquisitions (M&A) est bel et bien lancée, mais ce redémarrage ne devrait pas donner lieu à une explosion du nombre des transactions et se faire plus en douceur que les précédents cycles au cours des trois prochaines années, estiment analystes et gérants.

La prise de contrôle de Verizon Wireless par l'opérateur télécoms américain Verizon Communications pour 130 milliards de dollars (98 milliards d'euros), l'acquisition de l'activité mobile de Nokia par Microsoft pour 5,44 milliards d'euros ou encore la fusion entre Publicis et Omnicom semblent avoir définitivement lancé la sixième vague de M&A depuis la fin du XXème siècle.

Selon les données Dealogic utilisées par Société générale, l'activité M&A atteint 1.971 milliards de dollars depuis le début de l'année, contre une moyenne annuelle de 2.621 milliards de dollars sur la période 2009-2012 et 4.618 milliards en 2007.

"On a un cycle qui a mis beaucoup de temps à démarrer mais il devrait se lancer pour une durée de deux-trois ans, comme les précédentes périodes, avec une accélération dans le temps des tailles d'opérations", estime Olivier Huet gérant actions européennes chez Edmond de Rothschild AM.

Ce dernier, comme d'autres investisseurs, souligne la bienveillance du marché à l'égard des opérations dès lors qu'elles ont du sens sur un plan stratégique et qu'elles se réalisent à des niveaux de valorisation intéressants tout en créant de la valeur à un horizon suffisamment proche.

"BESOIN DE REMETTRE DE LA DETTE"

"On est au début de la reprise du M&A car pas mal d'entreprises ont moins investi et beaucoup ont besoin de remettre de la dette dans leur bilan et d'investir leur liquidité pour redresser la rentabilité de leur capitaux propres", indique Patrick Legland, responsable mondial de la recherche chez SGCIB.

Depuis fin 2009, l'environnement d'investissement est favorable aux transactions avec des niveaux de valorisations inférieurs à leur moyenne historique, des montants de trésorerie élevés dans les bilans d'entreprises, un endettement réduit et des taux d'intérêt très bas.   Suite...

 
La reprise tant attendue des opérations de fusions-acquisitions (M&A) est bel et bien lancée, mais ce redémarrage ne devrait pas donner lieu à une explosion du nombre des transactions et se faire plus en douceur que les précédents cycles au cours des trois prochaines années, estiment analystes et gérants. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Garofalo