Rome réduit ses prévisions mais veut contenir son déficit

vendredi 20 septembre 2013 14h36
 

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a annoncé vendredi avoir revu à la baisse ses prévisions économiques pour cette année et l'an prochain, mais s'est engagé à maintenir son déficit sous le seuil de 3%.

Rome prévoit désormais une contraction de 1,7% du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre une baisse de 1,3% attendue jusqu'à présent. En 2014, l'économie devrait renouer avec la croissance mais celle-ci devrait être de 1,0% seulement, contre 1,3% dans les prévisions précédentes, publiées en avril.

Le gouvernement a annoncé peu après une hausse des prévisions de déficit, désormais attendu à 2,5% du PIB en 2014 contre 1,8% précédemment, et de dette, annoncée à 132,9% du PIB cette année et à 132,8% l'an prochain, contre respectivement 130,4% et 129% auparavant.

Enrico Letta, le président du Conseil, a prévenu que les nouvelles prévisions ne pourraient être respectées que si l'Italie conservait une certaine stabilité politique, alors que la possible exclusion du Sénat de Silvio Berlusconi menace la coalition entre ses partisans de droite et la gauche de l'actuel chef du gouvernement.

Selon le gouvernement, la trajectoire actuelle du déficit laisse penser qu'il atteindra 3,1% du PIB cette année mais le ministre de l'Economie, Fabrizio Saccomani, a déclaré à la presse qu'il était important de la corriger rapidement afin de respecter le plafond de 3% fixé par l'Union européenne.

Une source interne à la Commission européenne a rapporté que l'organe exécutif de l'UE, qui doit publier ses prévisions d'automne le 5 novembre, souhaitait que Rome adopte d'ici le début de novembre des mesures destinées à ce que le déficit respecte le plafond de 3%.

Fabrizio Saccomani a par ailleurs estimé que la croissance serait stimulée par le paiement d'arriérés par le gouvernement à des créanciers privés et a dit attendre une stagnation du PIB au troisième trimestre, après huit mois consécutifs de déclin, puis un retour à la croissance, modeste entre octobre et décembre, puis plus solide en 2014.

Les analystes interrogés par Reuters attendent en moyenne une croissance italienne de 0,5% pour l'année prochaine, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) la voit atteindre 0,7%.

Les nouvelles prévisions ne semblent guère, à ce stade, inquiéter les intervenants du marché obligataire, où le rendement des obligations italiennes à 10 ans prenait 1,5 point de base, à 4,304%.

Giuseppe Fonte et James Mackenzie, avec Francesco Guarascio; Marc Angrand et Julien Dury pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

 
Le gouvernement italien a revu à la baisse ses prévisions économiques pour cette année et l'an prochain mais s'est engagé à contenir son déficit sous le seuil de 3%. Rome prévoit désormais une contraction de 1,7% du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre -1,3% attendu jusqu'à présent. /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger