La Fed surprend en ne réduisant pas ses rachats d'actifs

mercredi 18 septembre 2013 22h12
 

par Pedro da Costa et Alister Bull

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale a annoncé mercredi qu'elle continuerait à racheter des obligations au rythme mensuel de 85 milliards de dollars, s'inquiétant des pressions que pourrait créer sur l'économie une nette hausse des coûts d'emprunt ces derniers mois.

La décision a surpris des marchés qui s'attendaient à une réduction, même modeste, de ses rachats d'actifs. Le président Ben Bernanke, lors d'une conférence de presse donnée après les annonces de la banque centrale, n'a pas voulu s'engager à diminuer les achats dans le courant de l'année, comme il l'avait laissé entendre précédemment.

"Il n'y a pas de calendrier fixé; je tiens vraiment à le souligner", a-t-il déclaré. "Si les données confirment nos projections de base, si nous gagnons plus en confiance dans ces perspectives... alors nous pourrions agir dans le courant de l'année".

La Bourse a réagi à la hausse à cette annonce, avec les indices Dow Jones et S&P-500 qui ont atteint de nouveaux records en séance. Le dollar est tombé à un plus bas de sept mois contre l'euro, tandis que le marché obligataire américain a fortement progressé. L'or, un instrument de couverture habituel de l'inflation, a également monté.

"La Réserve fédérale reste vraiment préoccupée de l'atonie globale de l'économie, préférant prendre le risque d'être trop tempérée trop longtemps plutôt que de resserrer les conditions monétaires prématurément", observe Mohamed El-Erian (Pimco).

La Fed a par ailleurs ramené sa prévision de croissance pour 2013 à une fourchette de 2% à 2,3% contre 2,3% à 2,6% dans son estimation de juin. Pour 2014, la révision à la baisse est encore plus nette, passant de 3,0-3,5% à 2,9-3,1%.

L'institut d'émission a évoqué des tensions sur l'économie nées d'une politique budgétaire plus stricte et d'une hausse des taux d'intérêt dans l'immobilier, pour décider de ne pas dénouer son programme dit d'assouplissement quantitatif, qui en est à sa troisième déclinaison (QE3).

"Le durcissement des conditions financières observé ces derniers mois, s'il persistait, pourrait ralentir le rythme d'amélioration de la conjoncture de l'économie et du marché du travail", explique la Fed dans un communiqué publié au terme d'une réunion de deux jours de son Comité de politique monétaire (Fomc).   Suite...

 
Evoquant des tensions sur l'économie nées d'une politique budgétaire plus stricte et d'une hausse des taux d'intérêt dans l'immobilier, la Réserve fédérale a annoncé mercredi qu'elle continuerait à racheter des obligations au rythme mensuel de 85 milliards de dollars, créant la surprise sur des marchés qui anticipaient généralement une réduction de ces achats. /photo prise le 18 septembre/REUTERS/Gary Cameron