La Chine n'a pas fini d'inquiéter la croissance mondiale

jeudi 12 septembre 2013 12h27
 

par Kevin Yao et Alan Wheatley

PEKIN/LONDRES (Reuters) - Les signes de stabilisation de l'économie chinoise ne doivent pas faire illusion, le recentrage de la croissance sur la demande intérieure orchestré par Pékin, deuxième phase de la révolution économique chinoise, n'ayant pas fini de faire sentir ses effets.

La première phase lancée par Den Xiaoping a conduit la Chine à faire en l'espace d'une génération sa révolution industrielle.

Inondant le monde de produits manufacturés à prix cassés, elle a laminé des secteurs entiers d'activité dans les pays avancés comme dans certains pays émergents, tout en contribuant au maintien d'une inflation durablement faible et au boom des pays exportateurs de matières premières.

La deuxième phase du développement économique chinois promet d'être au moins aussi mouvementé.

La consommation va prendre le relais de l'investissement comme moteur de la croissance. La part des services dans la production va se renforcer au détriment de l'industrie.

Cette dernière va progressivement monter en gamme, développant des produits à plus forte valeur ajoutée grâce à une main d'oeuvre mieux formée et mieux payée et recourant à des processus plus respectueux de l'environnement.

C'est en tous cas l'objectif et la Chine demeurera le plus important moteur de la croissance mondiale pour les prochaines décennies mais elle ne se contentera plus d'être l'atelier du monde, retraitant des matières premières importées ou fabriquant composants et pièces détachées avant de les réexporter, prévient Li Jian de l'Académie chinoise pour le commerce international et le développement économique, le centre d'études du ministère du Commerce.

"La Chine a réalisé qu'elle ne pouvait s'appuyer aveuglément sur l'investissement et l'export pour alimenter sa croissance. Donc sa demande sera plus équilibrée."   Suite...