3 septembre 2013 / 10:00 / il y a 4 ans

Airbus peine à contester la domination de Boeing au Japon

par Siva Govindasamy et Tim Kelly

Airbus semble avoir essuyé un nouveau revers dans ses efforts pour séduire les deux principales compagnies aériennes japonaises, Japan Airlines (JAL) et All Nippon Airways (ANA) qui se préparent à renouveler leurs flottes. Les deux compagnies semblent rester fidèles à Boeing, qui contrôle environ 80% du marché au Japon. /Photo prise le 8 août 2013/REUTERS/Toru Hanai

SINGAPOUR/TOKYO (Reuters) - Airbus semble avoir essuyé un nouveau revers dans ses efforts pour séduire les deux principales compagnies aériennes japonaises, qui se préparent à renouveler leurs flottes.

Le grand rival Boeing contrôle environ 80% du marché au Japon, héritage d‘un temps où l‘achat d‘avions américains servait à déminer les tensions commerciales.

La compagnie nationale Japan Airlines (JAL), en particulier, ne possède pas un seul Airbus.

Cette année, l‘avionneur européen a cru voir s‘ouvrir une fenêtre d‘opportunité avec les incidents à répétition qui ont affecté le nouveau Boeing 787 Dreamliner, sur lequel JAL et sa concurrente All Nippon Airways (ANA) comptent pour renouveler leurs flottes vieillissantes de Boeing 777 d‘ici 2020.

Airbus a pu caresser l‘espoir de leur vendre une cinquantaine de son tout nouvel A350 mais les deux compagnies japonaises semblent devoir rester fidèles à Boeing, quitte à opter pour son futur 777X, version modernisée du 777 qui n‘existe encore que sur le papier.

Selon une source au fait des négociations commerciales de Boeing, le géant de Seattle a ordonné à ses commerciaux de “faire tout leur possible pour gagner ce contrat.”

Airbus a réussi à vendre à ANA, qui exploite des A320 sur ses court-courriers, mais sa dernière commande remonte à 2005 et tous les long et moyen-courriers de la deuxième compagnie japonaise sont des Boeing. ANA est en outre la principale compagnie cliente du 787 Dreamliner.

L‘avionneur européen a été plus heureux avec les compagnies japonaises à bas coûts, comme Skymark Airlines qui a commandé en 2011 six très gros porteurs A380.

En juin, au Salon aéronautique du Bourget, le directeur commercial d‘Airbus, John Leahy, avait assuré qu‘une commande de gros porteurs par Japan Airlines ou All Nippon Airways n‘était “qu‘une question de temps.”

De fait, selon des sources du secteur, JAL était proche d‘un accord avec Airbus il y a deux mois. Mais “le deal a paru leur échapper”, selon une autre source au fait des négociations, Boeing ayant redoublé d‘efforts au cours des dernières semaines.

QUESTION DE TIMING

Plus que le prix - les deux géants aéronautiques consentent d‘importants rabais pour les grosses commandes - c‘est le calendrier qui pourrait s‘avérer le critère décisif.

Au sein de JAL, des sources font état de divergences entre ceux qui veulent rester fidèles à Boeing coûte que coûte et les partisans d‘un fournisseur alternatif. Les incidents qui ont affecté les Dreamliners et leur coûteuse immobilisation pendant plusieurs mois ont agacé chez JAL, mais selon une source proche de la compagnie cela ne suffira pas à faire la différence.

“JAL maintient sa confiance dans les avions de Boeing. La décision dépendra d‘une réflexion plus large sur la stratégie de la compagnie en matière d‘achats”, a dit la source proche du groupe.

“La question est de savoir si la direction choisira de rester fidèle à un fournisseur apprécié et fiable, ou alors de commander aussi des Airbus pour s‘assurer d‘avoir les meilleures propositions de deux constructeurs relativement égaux.”

Jian Yang, porte-parole de JAL, n‘a pas souhaité commenter ces informations, assurant que “rien n‘est encore décidé.”

Chez ANA, le porte-parole Ryoseil Nomura confirme que la compagnie étudie la possibilité de commander des 777x ou des A350. “Nous n‘en sommes qu‘au stade de la collecte d‘information, nous ne savons pas quand une décision interviendra”, a-t-il souligné.

Airbus a à son actif d‘avoir des clients prestigieux pour son A350 : Cathay Pacific Airways, Singapore Airlines, Qatar Airways et Emirates ont tous fait confiance au dernier-né de l‘avionneur européen, et cela pourrait faire réfléchir les compagnies japonaises.

“C‘est un choix difficile pour les transporteurs japonais : opter pour la continuité avec le 777x mais au risque d‘un dépassement de sa date de lancement prévue en 2019 ou choisir Airbus, c‘est-à-dire un nouveau fournisseur mais qui a un calendrier de livraison plus fiable”, dit une troisième source proche des négociations.

“C‘est une bataille intense, avec beaucoup d‘inconnues. Au bout du compte, il y aura forcément des mécontents”, conclut l‘une des sources.

Véronique Tison pour le service français

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