Le G20 prudent face à la finance parallèle

mercredi 28 août 2013 10h36
 

par Huw Jones

LONDRES (Reuters) - Les dirigeants du G20 s'apprêtent à opter pour une réglementation a minima des activités bancaires parallèles, pourtant tenues en partie responsables de la crise financière de 2008, de peur de tarir les flux financiers et de compromettre la stabilisation de l'économie mondiale.

Le système bancaire parallèle, le 'shadow banking' qui recouvre un ensemble disparate d'intermédiaires réalisant quelque 60.000 milliards de transactions financières par an, soit l'équivalent de la richesse produite dans le monde chaque année, demeure une source de risque systémique.

Ces intermédiaires, qui regroupent les fonds à effet de levier (hedge funds), les fonds monétaires et les promoteurs de fonds structurés, financent le secteur financier mais contrairement aux banques et autres acteurs traditionnels, ils n'ont pas accès au refinancement des banques centrales et ne sont pas couverts par des systèmes de garantie.

Ils dépendent le plus souvent de sources de financement à court terme comme les marchés de prises en pension et de prêts de titres où l'emprunteur cède au prêteur des titres comme collatéral pour les racheter à une date et un prix fixés à l'avance.

Lors de leur réunion des 4 et 5 septembre à Saint-Pétersbourg, les dirigeants du G20 adopteront une série de réformes de cette finance parallèle mais se garderont de mesures trop radicales de peur de fragiliser un système financier mondial encore convalescent, selon des sources au fait des discussions préparatoires.

Le recours par les banques à des véhicules hors-bilan pour reconditionner et revendre les prêts hypothécaires américains à risque a certes joué un rôle central dans le déclenchement de la crise financière de 2007. Mais ces techniques de financement parallèle regroupées sous le terme de titrisation constituent aussi pour les banques des sources de financement alternatives au refinancement des banques centrales.

"On fait grand cas de cela à cause de la crise de 2008 qui était essentiellement une crise de la finance parallèle, la majeure partie des crédits aux Etats-Unis et au Royaume-Uni étant alors financés par des prises en pension à court terme", relève Alistair Milne.

"La réforme de la finance parallèle consiste surtout à éviter les problèmes à l'avenir, ils peuvent donc se donner un peu plus de temps", ajoute ce professeur d'économie financière à l'université de Loughborough et ancien responsable de la Banque d'Angleterre et du Trésor britannique.   Suite...

 
Les dirigeants du G20 s'apprêtent à opter pour une réglementation a minima des activités bancaires parallèles, pourtant tenues en partie responsables de la crise financière de 2008, de peur de tarir les flux financiers et de compromettre la stabilisation de l'économie mondiale. Le 'shadow banking', qui recouvre un ensemble disparate d'intermédiaires réalisant quelque 60.000 milliards de transactions financières par an, soit l'équivalent de la richesse produite dans le monde chaque année, demeure une source de risque systémique. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid