Monte Paschi accusée d'avoir trompé la Consob

vendredi 23 août 2013 19h43
 

par Silvia Aloisi et Stefano Bernabei

MILAN/ROME (Reuters) - Banca Monte dei Paschi di Siena, au coeur d'un scandale lié à de lourdes pertes sur des produits dérivés financiers, est mise en cause par la Consob, l'autorité boursière italienne, qui lui reproche de lui avoir communiqué des informations incomplètes ou incorrectes l'année dernière alors que l'équipe dirigeante avait déjà été remplacée.

Ces allégations sont susceptibles d'entraver le feu vert des autorités européennes au plan de sauvetage et à la restructuration de la banque toscane.

Selon un document adressé par la Consob au parquet de Sienne en février, Monte Paschi lui a transmis en avril 2012 des informations "trompeuses ou qui n'étaient pas fidèles à la réalité" concernant un produit financier hybride nommé Fresh 2008, qu'elle avait utilisé pour financer en partie l'acquisition de sa concurrente Antonveneta en 2008.

Selon ce document que Reuters a pu consulter, la banque a aussi caché la véritable nature d'un contrat sur dérivés conclu en 2009 avec la banque japonaise Nomura et nommé Alexandria, dans les réponses écrites faites à la Consob entre novembre 2011 et octobre 2012, ce qui correspond en partie à une période durant laquelle les dirigeants actuels de la banque avaient déjà pris leur fonction.

"La dissimulation de telles informations a effectivement entravé l'activité de supervision", dit la Consob, ajoutant que cela l'a empêchée de prendre des mesures de protection des intérêts des actionnaires et du marché.

Monte Paschi fait déjà l'objet d'une enquête judiciaire sur les conditions de l'acquisition d'Antonveneta et sur une série d'opérations sur des produits dérivés qui lui auraient permis de masquer des pertes.

L'AIDE DE L'ÉTAT EN JEU

Son ancien président Giuseppe Mussari et son ancien administrateur délégué Antonio Vigni, partis début 2012, sont tous deux mis en examen sous plusieurs chefs dans cette affaire.   Suite...

 
Banca Monte dei Paschi di Siena, au coeur d'un scandale lié à de lourdes pertes sur des produits dérivés financiers, est mise en cause par la Consob, l'autorité boursière italienne, qui lui reproche de lui avoir communiqué des informations incomplètes ou incorrectes l'année dernière alors que l'équipe dirigeante avait déjà été remplacée. /Photo prise le 24 janvier 2013/REUTERS/Stefano Rellandini